Salah Benreguia
LA TRIBUNE : Général Emballage est aujourd'hui le plus grand producteur de carton ondulé en Algérie. Quel bilan en tirez-vous et comment vous situez-vous sur le marché de l'industrie du papier '
RAMDANE BATOUCHE : Nous sommes en effet le plus grand producteur et transformateur de carton ondulé en Algérie. Notre leadership se fonde sur nos capacités de conception qui sont de l'ordre de 130 000 tonnes/an, notre triple implantation industrielle (Akbou, Oran et Sétif) mais aussi et surtout sur un certain nombre de compétences distinctives. Nous sommes, aujourd'hui, le seul opérateur à offrir une prestation de flexographie en haute résolution et à fabriquer une déclinaison du carton ondulé proche de la consistance du carton plat. D'une façon générale, nous essayons de faire en sorte que notre qualité de leader ne soit pas qu'une vague addition de chiffres mais un comportement managérial sociétal et assez volontariste. Ainsi par exemple, et en coopération avec l'Université de Béjaïa, nous lançons, à la rentrée de septembre, une licence professionnelle en emballage, soit un acte historique qui ne manquera pas d'avoir des retombées positives sur tout le secteur du papier et, nous l'espérons, produire un effet d'entraînement sur les autres secteurs d'activité.
Général Emballage, spécialisée dans l'industrie du carton ondulé, est notée, deux années consécutives, «AAA» par la Coface (compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur). Quelle est votre impression ' Et c'est quoi le secret '
La notation Coface certifie la capacité de l'entreprise à honorer ses engagements commerciaux vis-à-vis de ses clients et fournisseurs y compris bancaires. Elle se base sur l'évaluation, à partir des bilans comptables de l'entreprise et de toute autre source utile, du comportement de l'entreprise vis-à-vis de son environnement immédiat. Le «AAA» constitue la notation la plus favorable. Nous en sommes d'autant honoré que cela émane d'un organisme international dont la crédibilité est des plus fortes. C'est une notation qui souligne aussi le grand degré de transparence dans le management financier de Général Emballage, qui démontre qu'il se soumet sans rechigner au contrôle de parties extérieures.
On parle beaucoup de l'entrée en Bourse de votre entreprise. Est-ce que vous confirmez cette information et est-ce que vous vous êtes fixés des échéances '
Je vous le confirme, Général Emballage va effectuer une introduction partielle à la Bourse d'Alger dès l'an prochain. Comme je vous le disais, et ne serait-ce qu'en termes de transparence, Général Emballage est déjà à jour de toutes les exigences de la Cosob. Les souscripteurs peuvent, le moment venu, opter en toute confiance pour les titres de Général Emballage dont la loyauté de la communication est, pour ne prendre que l'exemple du processus de notation Coface, homologuée par des observateurs externes au dessus de tout soupçon. Nous ne focalisons pas trop sur les aspects techniques car nous sommes convaincus que lorsque le moment viendra, Général Emballage n'aura plus qu'à mobiliser des ressorts et des mécanismes sur lesquels il a coutume de fonctionner depuis longtemps.
A court terme, quels sont vos priorités, vos perspectives et les points à développer '
Le court terme est déjà bien meublé. Nous prévoyons, pour cette année, un investissement de l'ordre de 2,5 milliards de dinars qui attend le feu vert du Conseil national de l'investissement (CNI).
Cet investissement est d'autant important qu'il devrait mettre fin à la dépendance nationale sur le segment des papiers paraffinés. Il recoupera notamment les attentes des agriculteurs, qui commencent à réaliser, et c'est tant mieux, des surplus difficiles à écouler, et du Système de régulation des produits agricoles de large consommation (Syrpalac) à travers une possibilité de stockage à froid dans des emballages aux normes universelles conçus spécialement pour résister à l'humidité et aux basses températures. C'est, sur un autre plan, un investissement des plus urgents car, au rythme actuel de croissance de la demande, le pays risque tout simplement de recourir à l'importation de carton ondulé dès l'an prochain.
Pouvez-vous nous parler de l'industrie de papier en Algérie ' Quelles sont les difficultés qui existent dans ce secteur '
Les difficultés renvoient à l'environnement politico-juridique et à la bureaucratie. Il y a aussi un problème de mobilisation cohérente de l'ensemble du potentiel national pour un objectif d'autosuffisance.
Et comment voyez-vous l'avenir de ce segment de l'industrie nationale '
L'avenir me paraît des plus prometteurs pour peu que toutes les parties concernées, opérateurs publics et privés et pouvoirs publics, jouent le jeu de l'avenir à travers la clarté et la mise en place de synergies mutuellement bénéfiques. L'industrie papetière a un vaste horizon devant elle, surtout si l'on sait qu'elle est très peu intégrée et que la plupart de ses intrants sont importés. C'est valable, comme je vous le disais, pour les papiers paraffinés et c'est aussi valable pour le carton compact, le papier Kraft, les ouates, etc.
L'actuel ministre de l'Industrie n'a pas cessé de dire que le développement du secteur industriel national et, par ricochet, la promotion du produit local, est l'une des priorités du gouvernement. En tant qu'industriel, quel est, selon vous, l'élément clé qui pourrait servir
aujourd'hui de déclic pour redynamiser la production nationale '
Le gouvernement est attendu sur des actes concrets qui marqueront sa rupture avec le bureaucratisme et la tradition de méfiance à l'égard des opérateurs privés qui sont, pour la majorité de ceux que je connais du moins, des capitaines d'industrie mus par l'ambition patriotique de sortir le pays du marasme.
Quelles sont, dans l'état actuel des choses, les principales contraintes de nos exportateurs '
Au risque de vous surprendre, je ne vois pas, pour ma part, de contrainte majeure à l'exportation. Général Emballage est sur les marchés extérieurs depuis 2008 et nous nous donnons pour cap d'exporter davantage dans les années à venir. Pour exporter, il faut pouvoir présenter une offre concurrentielle sur le marché cible et cela passe, avant tout, par une maîtrise des processus et des coûts de production. Il y a bien entendu des conditions générales qui peuvent faciliter les exportations (comme le cadre politique et juridique, l'action des représentations consulaires, etc.) mais le plus déterminant est entre les mains des acteurs de l'entreprise.
S. B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com