Le prétexte fallacieux de la détention, par Saddam Hussein, d'armes de destruction massive est vite tombé à l'eau, alors que les prétendues relations du régime de l'époque avec Al-Qaïda ont été aussitôt démenties par les Américains eux-mêmes. Et quand bien même nous ferait-on croire que l'intervention américaine, qui dure depuis 2003, visait à faire tomber un régime qu'on qualifiait d'arbitraire, on ne comprend toujours pas pourquoi la présence des soldats américains en Irak continue à s'inscrire dans la durée malgré l'absence d'une quelconque cause, car Saddam Hussein a été pendu dans les conditions qu'on sait et son régime n'est plus.
Lorsqu'elle a prononcé, ce vendredi, un discours devant quelque 4.000 soldats rassemblés à Fort Wainwright (en Alaska) en vue de leur départ en Irak, Sarah Palin a voulu montrer au monde qu'elle l'a fait en tant que gouverneure, en qualité de colistière de McCain, et aussi en tant que mère car Track Palin, son fils de 19 ans, faisait partie des partants. Le message que cette femme a voulu envoyer, sans aucun cryptage, est simple à saisir : la gouverneure, la colistière et la mère sont toutes fières de voir ces soldats partir «défendre l'Amérique et la cause de l'Amérique qui est une cause juste». Rien à dire sauf que, d'une part, et depuis cinq ans que les soldats américains ont brutalement envahi l'Irak, on ne voit toujours pas la raison réelle d'une telle invasion, et, d'autre part, on ne comprend toujours pas où se trouve la cause de l'Amérique et encore moins la justesse de cette cause.
Ce qui nous rend incapables d'une telle compréhension, c'est que, de ce côté du monde et des hommes, nous sommes tenus de faire une différence nette entre la cause et l'intérêt, alors que de l'autre côté, c'est-à-dire celui des forts et des puissants, on peut se permettre de distinguer ou pas, quand on veut et comme on veut, entre les deux.
L'histoire est pleine d'exemples de cette humeur des forts qui, on ne s'en étonne plus, peut soutenir les agresseurs et bâillonner les victimes. La Palestine et le peuple palestinien sont bien là, victimes expiatoires de la confusion incompréhensible dont n'hésitent pas à se rendre coupables ceux qui dominent le monde.
Lorsque la cause n'est pas juste, comme c'est le cas aujourd'hui en Irak pour toutes ces troupes étrangères qui y sillonnent la terre, il devient difficile d'occulter l'intérêt mais ceci nous embrouille encore plus, car si les guerres ne peuvent même pas trouver raison dans la raison, comment peuvent-elles la trouver dans l'intérêt ?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Aïssa Hirèche
Source : www.lequotidien-oran.com