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L'homme des ponts algéro-ibériques



L'homme des ponts algéro-ibériques
Aucun Espagnol qui l'aurait entendu parler espagnol n'aurait dit qu'il n'était pas Espagnol. Ce n'est pas à cause de l'absence d'accent étranger, mais par le fait de l'usage naturel des expressions familières et typiques.Abdelhak El Kebir, fils du premier ambassadeur de la jeune République d'Algérie en Espagne, a passé sa jeunesse à Madrid où il a obtenu un diplôme en sciences politiques. Ces années qui ont marqué sa vie à jamais, ont fait de lui l'Algérien au c?ur le plus espagnol. Son intervention a été cruciale pour la création et le développement de la première antenne culturelle espagnole à Oran, embryon de l'actuel Institut Cervantès, où dans ses salles de classe, il a enseigné l'espagnol à tant d'Oranais.Fondamentale a été son intervention pour la création de l'antenne de l'institut Cervantès à l'université de Mostaganem, autre pépinière des amoureux de l'espagnol. A la fin de sa carrière à l'Institut, il a eu l'honneur de proposer au consul général qu'il soit décoré par le gouvernement espagnol. Une reconnaissance d'une longue carrière dans la diffusion de la langue et la culture espagnoles dans la région d'Oran et en Algérie en général. Abdú ? comme lui-même écrivait en espagnol son nom abrégé ? a été également, jusqu'au jour de son décès, une référence à l'université d'Es Sénia où il avait encore un rôle très actif. Les innombrables expressions de condoléances sur les réseaux sociaux des élèves, collègues et collaborateurs sont la preuve de l'affection qu'il savait récolter avec sa sympathie, son talent et empathie pour ceux qui travaillaient avec lui.Il a sans aucun doute hérité des compétences diplomatiques de son père : se promener en sa compagnie, non seulement à Oran mais aussi dans n'importe quelle ville de la région, signifiait s'arrêter très souvent pour être salué par les uns et les autres. Ses manières exquises avec les gens et ses qualités relationnelles lui ouvraient les portes partout où il allait. «J'ai eu la chance d'avoir Abdú comme collaborateur lorsque j'ai été nommé premier directeur de l'Institut Cervantès à Oran, en novembre 2008. Son aide fut essentielle pour que le centre passe d'antenne d'Alger au statut de centre culturel espagnol de la région d'Oran.Dès le début, plus qu'un collaborateur, il fut un conseiller et surtout un ami. Il m'a toujours offert son hospitalité, sa générosité proverbiale et son affection.La très triste nouvelle de sa mort nous a pris au dépourvu. Je lui ai parlé au téléphone peu avant sa mort, pour l'inviter au premier congrès de l'espagnol comme langue étrangère dans le Maghreb que nous avons organisé à Rabat et pour lui proposer d'être membre du comité scientifique et représentant l'Algérie. Je l'ai trouvé avec son humour de toujours : blagueur, jovial, complice. Rien n'aurait pu me faire penser que ce serait la dernière fois que je lui parlais. Cher Abdú : tu nous as quittés trop tôt. Personnellement, je ressens la perte d'un grand frère. Institutionnellement, je te remercie de tout ce que tu as fait pour l'espagnol en Algérie.»Javier Galván, ancien directeur du Cervantès à Oran (2008-2012) et actuellement coordinateur des centres de l'Instituto Cervantes au Maghreb.


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