Un événement surprenant vient de se dérouler dans un musée italiende Venise. On savait les islamistes extrêmement dangereux et qu'à l'échelle dela planète Terre, des dispositifs sans précédents ont été mis en place pournous protéger contre leur folie meurtrière : de l'invasion de pays entiersfaisant des milliers de victimes - pour les convertir à coups de bombes àfragmentations aux joies de la démocratie - aux boucliers antimissiles,en passant par des Patriot Actliberticides.
Certes, les Bouddhas de Bâmiyân ont été détruits par uniconoclasme désuet et inculte, excessivement réfractaire aux idoles.
Mais jamais on n'aurait imaginé qu'une jeune musulmanevoilée, férue d'art transalpin du XVIIIème siècle, soitexpulsée d'un musée italien, uniquement parce qu'elle avait un voile sur levisage. Ceci, en présence de son mari et ses enfants. Le tissu qui cachait sestraits ne menaçait pourtant ni les toiles de maître, ni l'honorabilité dugardien qui la mit en demeure de se découvrir ou de quitter les lieux. (*)
On savait que l'Europe de la Renaissance, del'Italie galiléenne, puis des Bataves cartésiens, de l'Allemagne éclairée - duFrédéric II de Hohenstaufen (roi de Jérusalem et de Sicile) au Frédéric II desLumières -, était travaillée par une sourde intolérance, de surcroît teintéed'intégrisme laïc qui nous renvoie aux plus sombres années de la IIIème République d'après la Retraite de Sedan.
On s'était habitué au mythe de sociétés naguère aérées, intelligentes,tolérantes et riches, précisément de cette ouverture sur le monde. On savait, nousautres, hommes de l'autre versant du monde, combien cette image était surfaite,tout juste destinée à maintenir le « petit blanc » dans ses douces illusionscivilisatrices et les Métropoles coloniales dans la certitude de leurs intérêts.L'Europe des courants d'air rafraîchissant pour l'esprit est une aimable fableracontée par des benêts.
Aujourd'hui, l'Europe sent le renfermé, la poussière, la richesse-stock. Le cercle verrouillé de ses douze étoilessuggère moins la Cènequ'une vieille Ligne Maginot péniblement élevée par des grabataires politiquesà courte vue, de Rome à Lisbonne et de Maastricht à Schengen.
L'Europe d'aujourd'hui fait figure d'une pensionmuséologique du 3ème âge, une Union de retraités clôturés, barricadés derrièredes valeurs désuètes, peuplée de déclinologuesparkinsoniens qui vivent les fusils aux meurtrières, le poireau complètementcuit. Elle paie ses cotisations d'assurance-vie à l'OTAN et sa quincaillerieaux Chinois.
Cette Europe sépia à l'Amélie Poulain est désormais dédiéeaux souvenirs, radote comme des soldats décatis et se fait tout un cinéma de sajeunesse, avec des placards hantés de fantômes qu'aucune loi mémorielle nepourra jamais expier. Voilà que dans la patrie des masques et des nefsaudacieuses, jadis happées par le grand large, on a peur des voiles. Voilà que la Venise de Vivaldi glorifieà nouveau le dais et la pourpre mortifères, ses légionnaires baroques et serepaît des « soupirs » de leurs victimes.
On vient de déterrer, le 20 août dernier en Turquie (sur lesite des thermes romains de Salagassos), une statuegéante de Marc-Aurèle, l'empereur-philosophe obsédépar la République,celle qui a longtemps fécondé le génie vénitien.
On découvre alors avec tristesse combien cette Romeimaginative et créative, cette Rome artistique, chantante, hospitalière etindustrieuse est disparue depuis très longtemps.
L'Italie que nous nous flattions d'aimer, parfois malgréelle, celle de Visconti, de Pontecorvo, de Gian Maria Volontè, de EnricoMattei, de Jean XXIII, de Paul VI... n'est plus.
Une Italie et une Europe qui a accouché des Fini, des Craxi,des Prodi, des Berlusconi... des Blair, des Merkel, desJospin, des Barroso... Une Europe frileuse etinféconde de gardiens de musée.
(*) Le directeur du musée de Venise lui a adressé sesexcuses. Sans doute après avoir appris qu'il ne s'agissait pas d'une émigréeclandestine échouée sur une plage de la Tyrrhénienne, mais d'une noble dame issue d'uneriche famille d'un Etat du Golfe en visite à Venise. Il est même question quele gardien, employé temporaire d'une firme de sécurité privée, soit sanctionné,voire limogé.
Ce n'est pas en tout cas l'opinion des représentants de la Vénétie qui le qualifientde « héro ». Le sénateur Roberto Castelli, membre de la Ligue du Nord (anti-immigration),a ainsi demandé au ministre de la Justice de veiller à ce qu'il ne soit pas sanctionné parcequ'il a « fait son devoir et veillé au respect de la loi ».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Abdelhak Benelhadj
Source : www.lequotidien-oran.com