
"Lui, il construit des marionnettes." Il en rêvait déjà tout petit, alors qu'il fréquentait le local Es-Saïdia, où la petite graine de marionnettiste s'accrochait à l'embryon de Mesrah d'Ederb, sis à la rue Grande de la médina du poète Sidi Lakhdar Ben Khlouf (XVIe siècle). Et c'est ainsi qu'il est devenu à son tour ce "grand" à mesure qu'il tétait le 4e art auprès de la troupe musico-théâtrale de Mostaganem. Fidèle à sa réputation de Bastion du théâtre, le "Mosta" d'Ould Abderrahmane Kaki lui fit la courte échelle vers l'autre médina des arts, Constantine, où il est admis à l'Institut des beaux-arts. Et de la ville d'Ibn-Badis, il rejoint l'Ecole des beaux-arts d'Alger où il "lissa" ses pinceaux dans la cour des grands aux côtés d'el-hadj Abdellah Benmansour et Bachali Allel. Mais très vite il plia son chevalet pour revenir vers ses premières amours, le théâtre ! Lui ' C'est le marionnettiste Abbou Abdelkader Dadi, qui a choisi d'être instructeur de marionnette et de l'éducation artistique dans la troupe d'El-Masrah ! Un métier qui ne court plus nos rues. Et depuis, il construit du rêve "avec de la ficelle et du papier" qu'il a exhibé pour la première fois en 1963 à "Mestghanime" avec le duo Benaïchouba et Bennaceur de sa troupe d'adoption El-Masrah.Flairant déjà le succès, la station régionale d'Oran de la défunte RTA diffusa aussitôt Masrah El-Garagouz. Et depuis, Dadi et sa troupe n'ont pas cessé d'égayer les anciens foyers de jeunes et l'école dans ses trois paliers. D'ailleurs, "elles étaient jolies ces mignonnettes", que Dadi veut ressusciter au fil des pages du livre ou plutôt de l'abécédaire de La Marionnette et El-Âaroussa qu'il a écrit, histoire de conter ce que fut l'itinéraire de la marionnette à travers le globe jusqu'au jour où le "guignol" a poussé la porte Algérie, a-t-on su de notre interlocuteur. Outre cela, cet ouvrage se veut d'abord un guide pour le pédagogue et un outil pour l'animateur de jeunesse désireux de familiariser l'enfant à cette forme d'expression théâtrale à l'aide de petites figurines. À ce titre, le "qinaâ" ou le masque est d'autant requis pour le cérémonial de Yennayer, notamment lors du carnaval de B'ni S'nous à Tlemcen. Toutefois, l'indigence en matière d'historiographie a contraint l'auteur à puiser dans son savoir-faire et à l'apport oral, soit dans le style de meddah de ses camarades, ces pionniers de Masrah El-Garagouz. Ceci dit, l'?uvre de Dadi représente une nouveauté qui vient combler ainsi un vide et apporter un démenti aux tenants de la pensée que la marionnette ne soit réduite qu'à une simple distraction. S'il en est une preuve, celle-ci hante encore nos souvenirs d'"El-Hadiqa Essahira" (le jardin enchanté) où les marionnettes de Haroun, Zineb et Klibo tenaient le haut de l'affiche. La Marionnette et El-Âaroussa aux éditions El-Mâarifa est préfacé par l'écrivain et homme de théâtre Abdelkader Ben Aïssa El-Mostaghanmi.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : LOUCIF A
Source : www.liberte-algerie.com