La tourmente d?un père
C?est un père de famille désemparé, ne sachant à quel saint se vouer, qui s?est présenté à notre rédaction à l?effet d?exposer le problème de son fils et le sien aussi par ricochet. Morphologiquement de petite taille, son fils a été emmené à douze ans chez un pédiatre « cabinard », lequel a établi son diagnostic : l?enfant présente un déficit complet en hormones de croissance. C?est donc un malade lourd. Le traitement prescrit l?est aussi. Il nécessite un médicament, le Norditropine 5 mg qui coûte excessivement cher : plus de 12 millions de centimes par trimestre pour une thérapie devant durer trois années entières. A cet effet, le père désespéré dira :« La première année, cela s?est bien passé dès lors que j?ai été remboursé par la sécurité sociale, en plus, le médicament a été efficace puisque mon fils a grandi de 12cm. Mais par la suite, j?ai été informé que le médicament a changé, et le nouveau ne figure nullement dans la nomenclature des produits pharmaceutiques remboursables ». En fait, c?est le même médicament qui se trouve présentement sur le marché, mis à part le grammage qui a changé. Alors que le premier était estampillé 4mg, le second est dosé à 5mg, « mais c?est toujours la même marque », affirme le père. Ce dernier court dans tous les sens et frappe à toutes les portes. A part la pitié, voire un semblant de compassion émis du bout des lèvres, concrètement, il ne voit rien venir. Au CHU, où il a été recommandé par les services du ministère de la santé en vertu de la circulaire 007 du 22 /11/2005 faisant obligation aux établissements sanitaires des lieux de résidence d?assurer les soins thérapeutiques en les endossant budgétairement, le père affirme que le médecin-chef du service de pédiatrie lui a suggéré de refaire le bilan de la maladie de son fils car « une autre pathologie est suspectée » au lieu de celle pour laquelle il se fait soigner en ce moment même. Pour en savoir plus, nous avons contacté le directeur du CHU qui se dit prêt à aider l?enfant. « C?est même un devoir de le faire à condition qu?il soit soumis à la contre- expertise préconisée par le médecin-chef de la pédiatrie »dira- t-il. Le directeur du CHU qui est aussi professeur en pédiatrie, enfourche cette fois-ci sa posture de gestionnaire et de responsable des finances de l?organisme dont il a la charge pour justifier les dépenses induites par le traitement de l?enfant. Mais parions que lui, le médecin-chef de la pédiatrie et le père de l?enfant, sauront trouver une solution qui, au-delà de toutes les considérations matérielles, relèvera d?abord de l?humanitaire.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ahmed Boudraâ
Source : www.elwatan.com