Oran - Revue de Presse

L?emblème national à l?honneur à Oran



Les chasseurs d?images ont raté dans la soirée d?avant-hier celle d?un gringalet, torse nu malgré la fraîcheur de la nuit, marchant à contresens de la foule dans la rue d?Arzew et brandissant l?emblème national. Son équipe nationale dont il ignore peut-être jusqu?à la composante, l?impressionnant public du stade de Blida, lui ont peut-être permis de conquérir le sens du drapeau national mieux qu?à l?école où il est obligé de le saluer chaque matin. Il faut signaler que son environnement lui a balisé le terrain à cette adhésion aux couleurs nationales puisque toutes les habitations de son quartier arboraient le drapeau national. Parmi les scènes fortes de cette folle soirée du 7 juin, désormais marquée d?une pierre blanche dans la mémoire collective, citons cette petite vieille, avec ses grosses lunettes, comblant à coups de bras le fossé séparant les générations réussit à se glisser au sein d?une bande de jeunes presque en transe pour placer son youyou. Du coup, elle donnera le signal aux autres femmes, massées devant les entrées des immeubles et sur les balcons, de prendre part à cette explosion de joie. S?ensuit un concert de youyous. On retiendra aussi l?image de cet avocat, d?habitude sans concession sur son apparence extérieure, qui sacrifie sa cravate et sa chemise pour porter un survêtement vert portant l?inscription Algérie au dos. Son statut et son âge lui ont interdit de se fondre dans la foule en liesse, il s?est contenté donc de cet accoutrement pour exprimer sa joie et son sentiment national, selon ses propos.

Que dire de ce camion bondé de jeunes, dont bon nombre étaient emmitouflés dans des drapeaux, venant de l?avenue Saint-Eugène et débouchant sur l?avenue Ahmed Abderezzak. Il a rappelé pour beaucoup des images datant du 5 juillet 1962, immortalisées dans des films patriotiques et des documentaires télévisuels, coïncidant avec la déclaration de l?indépendance. On retiendra de cette soirée où les Oranais, en groupes ou en familles, ont investi le centre-ville créant un bouchon jamais égalé, l?image des jeunes du quartier d?El-Hamri défilant à la manière des scouts en silence et en exhibant de grands drapeaux. Pour l?occasion, ils ont remisé au placard l?emblème rouge et blanc de leur équipe, eux les inconditionnels du MCO. La victoire des poulains de cheikh Saâdane a été aussi une belle occasion pour les Oranais d?approcher la stèle d?Ahmed Zabana, érigée dans le rond-point à la fin de la rue d?Arzew. Restée étrangère jusqu?ici pour eux, avant-hier ils ont fait le pas et certains d?entre eux se sont même permis d?escalader et de se frotter au symbole de la ville d?Oran.

On retiendra de cette nuit folle que les femmes, d?habitude exclues de l?espace public dès la tombée de la nuit, se sont retrouvées en sécurité au milieu des bandes de jeunes presque en situation de transe. Là aussi, on a enterré, l?espace d?une fête spontanée, la guerre des sexes. Les échos des cris de liesse résonnent encore dans les cités périphériques où femmes, enfants, jeunes et moins jeunes se sont retrouvés dès le coup de sifflet final de ce match mémorable en bas des immeubles pour exprimer collectivement leur bonheur. Ce qu?aucun chroniqueur ne pourra nier, c?est que le drapeau national a été à l?honneur cette soirée du 7 juin grâce à une équipe nationale. Ceux qui «tartinent» sur l?absence du sentiment national chez nos enfants et jeunes doivent reconsidérer leur jugement...
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