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L'économie en jeu



L'économie en jeu
Les postulants à la magistrature suprême ressassent des discours et lancent des recettes de relance économique en mettant un terme à la rente. Diversifierl'économie, encourager les PME-PMI, notamment à travers la mise en place d'un large tissu de sous-traitance pour répondre aux besoins intérieurs et pouvoir exporter, relancer le tourisme, mécaniser l'agriculture et la valoriser dans le grand sud, favoriser le développement humain en améliorant la qualité de l'enseignement et de la formation, mettre le cap sur les nouvelles technologies, développer les énergies renouvelables..., autant de chantiers en jachère depuis au moins les années quatre-vingt sans pouvoir les mettre en ?uvre de façon harmonieuse et pérenne. Si on se limite aux années quatre-vingt-dix, on constate que différentes réformes économiques ont été entreprises sans pour autant permettreà l'économie de se mettre sur rail.Des milliards de dollars ont été injectés dans une multitude de projets d'assainissement d'entreprises alors que les objectifs stratégiques de cette démarche n'ont jamais été définis avec précision afin de pouvoircorriger les insuffisances et les carences en cours de route. En fait, l'Algérie ne sait pas où se placer dans l'échiquier de l'économie mondiale. D'où les improvisations tous azimuts et les discours triomphalistes qui se dégonflent vite comme une peau de baudruche. Le problème de l'économie algérienne réside dans deux aspects majeurs : l'absence d'une vision globale qui repose sur les potentialités matérielles, humaines et techniques nationales et les limitesd'une mentalité rentière nourrie depuis l'indépendance au point d'avoir généré une culture de la providence. La question n'est pas d'ordre technique. Il s'agit de créer les conditions politiques et institutionnelles qui permettent d'opérer une révolution dans la mentalité de gouvernance et de management. À tous les niveaux de responsabilité, on navigue à vue et on réagit aux situations imprévisibles dans l'urgence et dans la précipitation d'où la complication de la situation. Si une économie est incapable de structurer le marché, de définir des règles aussi claires que strictes pour tous les intervenants, comment peut-elle espérer devenir performante ' Si les règles et les lois qui définissent et encadrent le fonctionnement d'un Etat, d'un secteur d'activité, ne sont pas respectées à la lettre, comment peut-on espérer ouvrir le bazar national à l'économie mondiale ' Si dans l'état actuel des entreprises algériennes, privées et publiques, l'Algérie signe un accord avec l'OMC, ce serait l'écroulement de cet édifice de sable, sous le flot des produits étrangers bon marché et de meilleure qualité. Tous les prétendants à la direction du pays savent ce risque, mais aucun d'eux ne remet en cause la culture managériale en vigueur. Au-delà de la médiocrité et de l'incompétence qui sont le propre de tout système clientéliste et jacobin, la prospective, les cellules de veille économique et l'intelligence économique sont bannies de la démarche de l'Etat et de l'entreprise, parce qu'elles sont antinomiques avec le clanisme, le copinage et la corruption. A. G.


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