Oran - A la une

L'école des cancres



L'école des cancres
Le déroulement des épreuves du bac a été émaillé d'incidents, que les responsables de l'éducation ont tenté, comme d'habitude, de minimiser, de banaliser, à défaut de pouvoir les étouffer. Il est vrai qu'avec facebook, rien ne se cache, tout se sait. Et en temps réel. Merci les Ntic !
Ainsi donc, certains candidats ont trouvé que l'épreuve de mathématiques était "trop forte" pour leurs flemmardes neurones. Puis d'autres, les littéraires en l'occurrence, en découvrant les questions de "philo", sont carrément tombés en pâmoison. La cause : le sujet ne fait pas, semble-t-il, partie de la fameuse et non moins aberrante "aâtaba" (le seuil des cours dispensés pendant l'année), une des inventions pédagogiques de l'époque de Benbouzid.
Et, du coup, il y a des centres d'examen où des candidats ont carrément quitté les salles pour se faire dicter des réponses dans la cour, par téléphone portable, pendant que d'autres, toute honte bue, "pompaient" les réponses sur leurs camarades. Le tout sous les regards abasourdis des profs surveillants qui n'ont eu d'autre choix que d'accepter le fait accompli pour, au moins, échapper aux promesses de lynchage à la sortie des épreuves.
Dire que ce type d'agissements sont inacceptables, car c'est une violence contre l'éthique scolaire, c'est "la moindre des fois", pour reprendre la formule consacrée. Mais faut-il pour autant s'en étonner ' Pas le moins du monde. Pour la simple raison qu'ils traduisent parfaitement la déliquescence, voire même la putréfaction de l'éducation qui n'a plus d'éducation que le nom. Et encore !
L'école algérienne de 2013, qu'on se le dise, est le lieu géométrique de l'ignorance crasse, de la violence, de l'inculture, de l'esprit irrationnel, de la triche, du copiage érigé en droit des élèves, de la vente des notes, du business des cours particuliers, du mépris de l'enseignant...
Autant d'indicateurs qui sont aux antipodes d'une école digne, comme l'était cette même école algérienne qui avait produit de la matière grise dans les années soixante, soixante-dix, quatre-vingt.
Mais avec le "fawdha mental" (fondamental) de Chérif Kherroubi, suivi de quinze ans d'une réforme dévastatrice, version Benbouzid, avec en toile de fond une politique d'arabisation au pas de charge, loin de tout projet scientifique, fallait-il s'attendre à mieux '
Mais en même temps, cette école, qui consomme annuellement le premier budget de la nation, pour fabriquer des cancres en série, ne saurait être isolée du reste des institutions du pays qui, toutes ensemble, ont produit, au final, une synergie de la faillite.
Nom
Adresse email
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)