Oran - Revue de Presse

L’artiste plasticien Sadek Rahem à La Voix de l’Oranie



«Faire avancer l’art contemporain en Algérie» Le plasticien Sadek Rahem est un artiste qui commence à goûter aux faveurs de la consécration. Né en 1971 à Oran, Rahem Sadek fera des études en informatique à l’USTO avant de s’installer en 1994 en Syrie puis au Liban où il réussira à décrocher un diplôme d’études approfondies en arts plastiques à l’Académie des Beaux Arts de Beyrouth. En 1999, il retourne en Algérie pour préparer un DES en arts plastiques. En 2001, il part à Londres pour préparer un Master en Arts à la Central Saint Martins University. Rahem Sadek a participé à de nombreuses expositions individuelles et collectives en Algérie (Oran, Constantine) et à l’étranger (Beyrouth, Londres). Aujourd’hui, son talent est reconnu et salué comme le prouvent les nombreuses sollicitations pour une participation à des expositions à l’intérieur du pays et à l’étranger. En décembre dernier, c’est une exposition de peinture, intitulée «Pinceau d’espoir», une collection d’une quarantaine de toiles abstraites sur papier bristol ou sur toile qui empruntent à la fois à l’art décoratif et à la calligraphie arabe, que Sadek Rahem devait présenter dans la salle El Moudjahid du Musée Ahmed Zabana. Au début du mois de juin, les amateurs d’art ont pu apprécier son talent lors de l’exposition collective 6x6 qu’il partageait avec des artistes chevronnés, tels Hachemi Ameur, Adlane Djeffal, Mohamed Oulhaci, Noureddine Belhachemi et Mourad Belmekki, qu’organisait le Centre culturel français d’Oran à la galerie du 8 Rue Mbarek El Mili. Récemment, la Bibliothèque nationale devait lui céder un espace de 600m2 pour implanter la plus importante installation jamais réalisée en Algérie. Hier, l’artiste devait s’envoler pour l’Allemagne, à l’invitation de l’association culturelle algéro-allemande Yedd qui s’est fixé l’objectif de faire connaître les richesses culturelles de l’Algérie au public allemand, pour participer à une exposition collective «Au-delà des frontières» à laquelle participera un groupe important d’artistes peintres algériens et qui se déroule, du 14 juin au 20 juillet 2008, à Dannenwalde dans le land de Brandebourg. Le programme de cette manifestation, placée sous le signe de l’interculturalité, inclut outre les expositions d’art pictural, des projections de films ainsi que des lectures d’extraits d’œuvres littéraires de l’auteur algérien, originaire d’Oran, Hamid Skif. Avant son départ, Sadek Rahem a bien voulu nous entretenir de son parcours artistique et de l’art de l’installation qu’il semble privilégier. La Voix de l’Oranie: Dans l’exposition 6x6, vous avez exposé d’une manière très insolite la problématique du phénomène des «harraga»? Sadek Rahem: Le projet «Six rêves et un cauchemar» me trottait depuis bien longtemps dans la tête. C’est le résultat d’une réflexion sur le phénomène de la «harga» et de ses causes, j’ai tenté de faire une représentation très théâtralisée sur le phénomène des harraga en utilisant des matériaux de la vie courante et d’objets très hétéroclites de récupération. C’est en fait une composition qui reflète les difficultés quotidiennes des jeunes dont la «harga» est une des conséquences directes. Je fais défiler six capitales occidentales -On est bien loin d’une exposition d’art pictural? -En fait, je me définis beaucoup plus comme un plasticien spécialiste en installation... -Pouvez-vous nous donner plus de précisions sur cet art de l’installation? -L’installation est un art qui se définit comme un arrangement spatial qui a recours à la combinaison de divers médias, telles que la peinture, la sculpture, la photographie, la vidéo, etc. Le terme sera largement utilisé à partir des années 1970. L’installation utilise plusieurs dimensions, on peut analyser une installation en faisant appel à plusieurs sens: la vue, le toucher et même l’odorat. -Comment a été reçu à Alger votre récente installation «No crash! Boom! Bang!»? -C’est une exposition très réussie. La plus importante installation jamais réalisée en Algérie, elle couvrait une superficie de 600 m2. C’était comme un rêve pour moi. Les visiteurs ont pu vivre une expérience inédite avec des objets tirées de la culture populaire algérienne. -Peut-on vivre de l’art de l’installation? -A l’étranger, les installations s’achètent. Je suis conscient qu’en Algérie il en est autrement. Mais il faut bien faire des sacrifices pour faire avancer l’art contemporain en Algérie. Entretien réalisé par G. Morad
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