«Je peins le phénomène de la Harga avec douleur»
Mohamed Bedima a plongé dans le monde de l’art abstrait à l’école des Beaux-arts d’Oran pour ensuite continuer son cursus à Alger en 1979. Ses images fixées sur les panneaux publicitaires jalonnent les rues et boulevards de la ville d’Aïn-Témouchent. Il se livre spontanément aux lecteurs de La voix de l’Oranie.
-La voix de l’Oranie: Pour commencer, parlez nous de votre style et quel registre favorisez-vous dans votre peinture?
-Mohamed Bedima: Je peins dans le style abstrait et dans de différentes expressions. Je peins la joie, la tristesse et je me concentre sur les couleurs et les formes. Aujourd’hui, je peins le phénomène de la Harga avec douleur.
-Parlez-nous de vos débuts...
-Le parcours classique. Comme élève d’abord, c’est à l’école primaire que j’ai découvert le pinceau et sa magie. Ensuite, j’ai rejoint l’école des Beaux arts d’Oran. Puis l’école d’Alger...
-A quelle époque avez-vous perçu véritablement le sens des couleurs?
-J’ai définitivement embrassé le monde de l’art après la découverte des œuvres de Mohamed Khadda, de Yellès, de Mersali Othmane et bien sûr, Picasso et bien d’autres... Après cinq années passées à l’école des Beaux arts d’Oran, j’ai obtenu une bourse d’études pour aller en Russie.
-Quels sont les thèmes qui reviennent en général dans vos travaux?
-J’aborde avec préférence, en premier lieu, les thèmes sociaux. Comme je traite d’autres sujets se rapportant à la nature, aux sentiments humains et aux portraits. Mon dernier travail exprime ce phénomène qui tue, en ce moment la jeunesse, El-Harga.
-Avez-vous exposé vos œuvres dans des manifestations et rencontres à l’échelle nationale et à l’étranger?
-J’ai exposé à plusieurs occasions à travers le pays, au Festival de l’art plastique de Souk-Ahras en 1986 aux côtés de plusieurs autres artistes peintres. Pour cette exposition, j’ai reçu le premier prix qui a, d’ailleurs, consacré la réalisation d’une fresque. J’ai également exposé à Saïda, Oran et Riadh El-Feth dans le cadre du programme d’Alger, capitale de la culture arabe.
-Que pouvez-vous dire à propos de la situation socioprofessionnelle de l’artiste algérien?
-L’artiste est l’acteur social le plus touché par la dégradation du pouvoir d’achat. De plus, les matériaux et les outils de travail coûtent excessivement chers. Pour réaliser une toile ou n’importe quelle autre œuvre, l’artiste doit travailler des mois durant et ce, bien entendu, pour pouvoir présenter des travaux d’une qualité esthétique et technique acceptable. Mais malheureusement, il suffit que l’exposition finisse pour que l’artiste soit oublié et ne reçoive pas d’encouragements de la part des officiels et des responsables... L’artiste dans notre pays vit dans la précarité la plus absolue.
Propos recueillis par Aabid M.K et Mounir N.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com