Oran - Revue de Presse

« L'artiste a besoin de soutien »



Poète, dramaturge, instrumentiste, interprète, Aïnouche Karim, alias Winna, est connu pour être un artiste à tout faire. Sa défunte épouse et ses deux enfants Ghilès et Dihya ont été ses meilleurs soutiens et complices dans sa vie artistique. Qui n'a pas entendu parler de ses deux enfants qui ont commencé à brûler les planches des théâtres lorsqu'ils n'étaient pas plus hauts que trois pommes ' Qui n'a pas rencontré dans les années quatre vingt-dix cet artiste entouré de sa petite famille dans les manifestations culturelles qui s'organisaient çà et là, en Kabylie ' L'ayant croisé au centre culturel d'Akfadou, il a bien voulu répondre à nos questions.  Parlez-nous de vos ambitieux projets qui vous enthousiasmaient tant au début des années 2000 'Mes projets sont enfouis au fond de ma boîte crânienne. Il n'y a pas d'autre choix que de les mettre en hibernation au vu de mes conditions sociales et des conditions dans lesquelles patauge notre culture. Après s'être donné tant de peine pour concocter des 'uvres, produits de recherches, à même d'enrichir un tant soit peu notre patrimoine culturel, bon nombre d'artistes-nés ont sombré dans le découragement par leur marginalisation autant par les pouvoirs publics que par les autres acteurs de la société. Chez nous, il faut le dire, la réussite ne se mesure pas au talent de l'artiste ou à la valeur culturelle des 'uvres produites. Qu'attendez-vous des pouvoirs publics et des autres acteurs de la société 'Que voulez-vous qu'on attende d'eux ' La promotion de véritables vecteurs de notre culture relève entièrement de leur responsabilité. Quand un artiste au lieu de concentrer son énergie dans la création se dépense à l'extrême dans les dédales du système commercial dont il ignore toutes les ficelles, à quel situation peut-on s'attendre ' Pour s'affirmer en tant que tel, l'artiste a besoin d'être soutenu. Il n'y a pas de travail individuel à proprement parler. Un autre facteur qui est de la partie et qui n'est pas des moindres est l'ignorance en la matière. A-t-on appris à ce public à apprécier l'art en général 'L'art est le grand absent dans l'école algérienne et les écoles de formation artistique font cruellement défaut. La période de la vie favorable à la culture de l'art est sans nul doute l'enfance ; à l'adolescence, il est presque déjà trop tard. Les pouvoirs publics auraient du investir davantage dans ce créneau porteur qui détermine la grandeur des peuples. Bien entendu pour des raisons d'ordre politique cela ne se fait pas au grand dam de notre personnalité nationale. Pour revenir au c'ur de la question, disons que l'artiste attend la possibilité de bénéficier d'une formation de base adéquate afin de répondre aux exigences du métier. Il a aussi besoin de différents actionnaires sérieux portés sur la chose culturelle qui seront à même de valoriser, promouvoir et diffuser ses 'uvres.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)