L'ocre de la liberté
se détache laborieusement du vert de la quiétude pour rejoindre un rouge
fougueux éclaboussé par des jets bruns d'une douceur infinie.
Des rais jaunes,
issus de nulle part, viennent illuminer une palette d'émotions dont l'auteur
nous a quitté il y'a à peine une année.
Ali-khodja Ali
nous a légué une thérapie de sagesses flamboyantes contre toutes les
mélancolies. A chaque fois que la nature a offert à ses sens ses généreuses
moissons, il a défié les rêves pour planter dans leurs jardins ses féériques
idées du monde.
Alors, en fier
héritier d'un passé fondateur, en serviteur béni d'un présent mouvementé, il en
témoigne, durablement, par une magistrale restitution émotionnelle.
A travers toutes
ses Å“uvres il ne cesse de nous répéter que la symbolique des couleurs a
toujours eu sa place dans l'histoire des hommes. De la hiérarchie sociale
bigarrée, à la pureté de la foi en passant par les nuances des soubresauts de
l'existence, le milieu culturel fait et défait les significations. Sur le fond
bleu de la tolérance, il laisse glisser le vert timide de la quiétude et libère
dans une magistrale éclaboussure l'or de la mutation humaine.
Le tumulte
social, dans un brun contrarié par des émanations orange, dépasse, par son
élan, la ligne grise de l'incertitude.
Il ouvre, plus
loin, une voie brunâtre au milieu d'un jaune en grappes, au regard épuisé par
tant d'émerveillement.
L'œil fourbu,
mais apaisé, se réconcilie, de bonne grâce, avec une innocence tourmentée par
l'existence et retrouve sa juste dimension dans la grande aventure de la
création.
Le rose entêté
allume les joues du jour qui émerge du gris sombre de son somme. A l'horizon,
Eole annonce sa cavalerie rouge avec ostentation. La nature essore son manteau
vert de la rosée de l'aube , alors que la terre se love et offre son dos brun
rocailleux aux assauts saisonniers de l'éternité.
Dans la houle qui
se prépare Ali-khodja arrive à saisir les palpitations d'un univers toujours en
accomplissement.
Face à un monde
indifférent et parfois belliqueux, il convoque un espace intuitif, l'accable de
toutes les charges, le triture, le transforme et lui invente un sourire qui le
vide de son agressivité. Plus affuté que le verbe, son trait cru et coloré
dénude un monde poli par ses utopies mais lesté par des lingots de valeurs qui
vibrent comme seul le métal précieux peut répondre aux caresses de la lumière.
Dans un
entrelacement de formes et de couleurs il décrit avec application le processus
de production de l'extase et invite l'humanité à assister à l'épanouissement de
ses propres rêves.
Il l'invite à
retrouver ses capacités d'enfant, son pouvoir d'émerveillement, son pouvoir de
déceler dans toute chose l'étincelle qui entretient le sens de la vie.
La nature est
simple, elle est bleue, elle est verte, elle perce une atmosphère blanchâtre
pour pousser la porte en ébène de la félicité. Le brun audacieux se dilue sous
des rais amoureux pour déteindre sur la face immaculée d'une cité tant aimée et
la terre ocre, assoiffée, absorbe goulument tous les excès de lumières.
Loin de banaliser
le beau, il veut simplement nous dire, qu'il fait partie de nos besoins
élémentaires. Dans chacune de ses compositions un conte prend vie et se noue
entre les sens une ineffable idylle. Il nous lègue une succession de moments
saisis par un regard qui n'a jamais faibli, des séquences vibratoires pour
communier avec la postérité. Ali-khodja Ali a été élu par sa sensibilité à une
mission de reconnaissance, au profit des hommes, dans l'univers du beau.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohammed ABBOU
Source : www.lequotidien-oran.com