D'ex-hauts responsables et d'anciens cadres de Sonatrach sont auditionnés par la justice dans le cadre de retentissants scandales qui secouent l'entreprise des hydrocarbures et alimentent la chronique. L'inculpation de l'ancien vice-président de Sonatrach, Chawki Rahal, la mise sous contrôle judiciaire de l'ex-P-DG de la même entreprise, Abdelmadjid Attar, donnent la mesure des dimensions atteintes par la corruption dans notre pays. Cela, dans l'attente des suites que la justice donnera aux autres aspects du scandale Sonatrach dont des affaires désormais évaluées en épisode I, II, III, il est fort possible, sinon probable - si la justice approfondit réellement les soubassements de ces affaires - que s'ouvrira sous peu le chapitre «Sonatrach IV». Mais Sonatrach ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt. Et qu'on ne vienne pas dire qu'il ne faut pas ouvrir la boîte de Pandore. Ce qui se passe en Algérie dépasse l'entendement quand des milliards (qui se transforment en dollars) prennent des «destinations» inconnues et sortent avec une déconcertante facilité des caisses des banques, des agences postales et autres institutions financières étatiques, quand les grands chantiers sont surfacturés - le scandale de l'autoroute Est-Ouest, dont il reste toujours à en connaître le fin mot, en est l'exemple type - mettant le pays en coupe réglée. Aucun secteur de l'activité économique et commerciale, industrielle et bancaire n'échappe plus à une gangrène qui pervertit ce que l'Algérie a mis des décennies à construire. Plus que des crimes économiques, ce sont là des crimes commis contre l'Algérie, des atteintes directes à son devenir, à l'avenir des générations futures de ce pays. Des scandales énormes, inqualifiables, que pourtant la presse nationale avait dénoncés quotidiennement depuis des années, sans que cela ait trouvé écho auprès de la justice - qui, à moins que l'on ne se trompe, ne s'était auto-saisie d'aucun cas - des partis politiques - demeurés curieusement silencieux au plus fort, notamment, du scandale Sonatrach qui, cependant, défraye la chronique - des députés - qui n'ont initié aucune enquête sur ces atteintes à l'économie nationale comme les y autorise la loi fondamentale du pays - sans que, enfin, le gouvernement ne s'en émeuve outre mesure. Or, des détournements de deniers et biens publics, les pots-de-vin, et la corruption ordinaire et spécifique sont devenus récurrents induisant nombre de questionnements. En effet, ces fléaux ont atteint un tel degré de nocivité qu'il est impossible d'ignorer ou de continuer à ignorer, ces faits qui portent atteinte non seulement à l'économie nationale mais aussi à l'équilibre et à la stabilité de la nation. Or, ce ne sont plus les habituels délinquants qui sont montrés du doigt mais, de plus en plus, de gros requins bien en place, de hauts cadres de l'Etat, théoriquement au-dessus de tout soupçon, qui font, ont fait, les unes des médias nationaux. L'affaire Sonatrach, désormais prise en charge par la justice, commence à lever le voile - les mis en cause sont loin d'être du menu fretin - sur les turpitudes qui mettent à mal non seulement l'entreprise nationale, mais éclaboussent l'Algérie, taxée d'être l'un des pays les plus corrompus du monde. Aussi, pourquoi avoir tant attendu, quand il était encore possible d'arrêter la casse et mettre un terme à ces pratiques déshonorantes, dès l'apparition du phénomène, lorsque des noms ont commencé à être murmurés ici et là. Au moins deux secrétaires généraux de ministères (des Travaux publics et de la Pêche et des Ressources halieutiques) ont été accusés de prévarication. L'affaire était grave, car c'est l'Etat qui a été trahi dans la confiance qu'il mettait dans ses hauts fonctionnaires. A l'étranger, des ministres ont démissionné pour moins que ça. Chez nous, leurs homologues algériens se sont contentés de faire le dos rond, avant de rebondir de plus belle. Le hic, c'est que ces détournements et autres dilapidations de biens publics au détriment de l'Etat ne datent ni d'hier ni d'aujourd'hui et sont presque monnaie courante, tant ces faits sont devenus répétitifs. Il n'y a pas lieu de se cacher la vérité. Lorsque la corruption déteint même sur de «très hauts» fonctionnaires de l'Etat, c'est qu'il y a le feu en la demeure. Dès lors que la justice ait ouvert ce dossier et semble désormais totalement engagée contre ce fléau, il faut espérer qu'elle ira certainement jusqu'au bout et ne sceller aucun fait - quels qu'en soient ses auteurs - tant ces crimes économiques ont fait mal à l'Algérie et ont terni sa réputation.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N KRIM
Source : www.lexpressiondz.com