L’UDR et le MDS investissent l’ANR
Des sources informées ont confié, hier, à La voix de l’Oranie que le parti de Amara Benyounès (UDR), la formation politique que préside l’ex-chef du gouvernement Redha Malek (ANR) et le parti de feu Hachemi Chérif (MDS) vont procéder très prochainement à une fusion qui sera une première dans la courte expérience du pluralisme politique en Algérie.
Nos sources affirment qu’une conférence de presse se tiendra dans les prochains jours pour annoncer officiellement la disparition de l’UDR et probablement du MDS au profit d’un parti qui n’a depuis quelques années que le nom, à savoir l’ANR. Les discussions qu’ont eues les leaders de l’ANR et l’UDR auraient même abouti à la décision de confier à Amara Benyounès le secrétariat général de l’ANR alors que l’ex-secrétaire général du parti sera désigné comme président d’honneur. En revanche, une aile dissidente du MDS, qui vit depuis quelques semaines une crise interne aiguë, s’apprêterait à rejoindre individuellement le parti. On croit savoir qu’Ali Hocine, épaulé par Yacine Téguia et Hamid Ferhi, prévoit ainsi de faire partie des rangs de cette formation politique qui s’inscrit dans le camp démocratique. Ainsi, celui qui sera désormais l’ancien patron de l’ANR cédera sa place à un jeune politique résolu à affronter les urnes des prochaines élections mais dont le parti n’a pas eu jusqu’à présent l’agrément, à savoir le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et la République (UDR), Amara Benyounès. Ce dernier a estimé, lors de son dernier meeting à Oran, à l’occasion de l’ouverture de la 4e session ordinaire du conseil national de sa formation politique, que le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale est «un texte capital qui va engager l’Algérie dans un véritable projet de société». Dans la même allocution, M. Benyounès a réitéré son soutien au projet initié par le président de la République. «Il n’y a pas de solution idéale, il faut un compromis. Le vainqueur, c’est la République; le vaincu, c’est le terrorisme», a-t-il notamment indiqué. Nonobstant ces prises de positions «politiquement correctes», l’UDR n’a pas eu le sésame qui lui permettrait de participer aux prochaines élections. Cette fusion est donc perçue comme une manière légale de contourner la loi. De plus, en devenant le SG de l’ANR que rejoindront les militants de l’UDR et du MDS et probablement d’autres militants appartenant aux partis dits démocratiques, Benyounès réalisera par ricochet le rêve d’un camp démocratique plus soudé. Il faut rappeler toutefois qu’il y a eu des expériences d’unions de partis démocratiques, des unions qui s’étaient soldées par un échec. A titre d’illustration, l’ancien Chef du gouvernement, Sid-Ahmed Ghozali, et le président du RCD, Saïd Sadi, ont révélé, en 2004, que des partis et personnalités républicaines et démocratiques ont engagé des discussions et se concertaient sur une initiative commune de sortie de crise. Les deux hommes ont expliqué que la première finalité de cette «initiative républicaine» était «de dépasser l’impasse où se trouvent les institutions de l’Etat». Sans citer nommément les partis et les personnalités qui devaient participer à l’élaboration de cette proposition, M. Ghozali a déclaré que l’une des premières étapes était «d’arriver à donner forme à un pacte national pour une République moderne». Le pacte en question devait contenir le minimum vers lequel convergent les propositions déjà rendues publiques. Mais rien n’a vu le jour par la suite. Il y avait aussi le mémorandum du FFS et l’initiative de Benbitour. En vain. Peut-être qu’avec la fusion entre l’UDR, l’ANR et le MDS les choses évolueront autrement.
Idir D.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com