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L'Algérie, la France et le sondage Point Net



On ne connaît pas l'échantillon sur lequel a travaillé l'institut Okba qui a réalisé le sondage pour le compte de notre confrère Liberté, mais c'est une affaire de spécialistes. La question est seulement inspirée par ces premières conclusions, dont la plus importante : il existe 57% d'Algériens favorables à des relations «exemplaires» avec la France.
On ne sait pas non plus ce que devrait être une relation «exemplaire», mais on devine que c'est ce qui se fait de mieux en la matière. Sans doute la grande satisfaction à tirer des résultats de cette consultation, est que plus de la moitié de nos compatriotes renvoient dos à dos deux parties qui se rejoignent pour polluer durablement les relations entre les deux pays.
De ce côté-ci de la Méditerranée, ceux qui font de la surenchère anti-française un fonds de commerce politique. Une surenchère qu'ils n'ont même pas le courage de pousser jusqu'au bout en raison de leurs petits intérêts personnels ou en raison de leur manque de cohérence politique.
Et de l'autre côté de la mer, ceux qui, par haine ou par indigence intellectuelle, n'arrivent pas encore à réaliser que l'Algérie est indépendante et d'une manière générale que l'entreprise coloniale a été un projet politiquement médiocre et humainement horrible. Selon les détails du sondage, 39% des Algériens seraient même favorables à une relation dans tous les domaines avec la France.
Mais ce ne sont pas les «sondés» algériens qui décident de la qualité des rapports entre les deux pays, de leur niveau de développement et des domaines à investir dans leurs échanges. Sinon, il faudra peut-être les laisser faire les questions et les réponses.
Là, il y aurait certainement plus de surprises, puisque les résultats de ce sondage effectué dans la foulée d'une visite annoncée juste après l'élection de M. François Hollande et préparée en grande pompe en sont déjà une.
Autre conclusion digne d'intérêt de ce sondage, à la question de savoir si la visite du président français servait les intérêts de l'Algérie, de la France ou des deux pays à la fois, 47% ont répondu qu'elle sert plutôt les intérêts de l'Hexagone, une proportion qui représente la plus grosse partie du «fromage». Plus intéressant, seuls 7% considèrent que la visite est intéressante pour l'Algérie.
Cela veut dire que si les Algériens souhaitent en majorité l'exemplarité dans les relations entre les deux pays, ils restent tout de mêmes lucides et réalistes quant à leur niveau actuel. Ils ne voient venir ni usines ni visas, ils ne voient arriver ni touristes ni hôtels et ils n'attendent ni travail ni départ.
Ils sont donc convaincus que François Hollande est venu comme d'autres sont venus, pour le commerce, pour le pétrole et pour les... élections ! Il a bien dit qu'il «souhaitait que les deux pays puissent surpasser tout ce qui est lié à leur histoire pour se tourner vers l'avenir», les Algériens ne semblent pas convaincus que l'avenir pourrait peut-être commencer aujourd'hui au terme d'une visite d'Etat.
Il aurait fallu pour cela un peu plus qu'une déclaration, et le Premier ministre algérien ne se serait pas cru obligé d'annoncer avec une surprenante solennité que l'accord sur la construction d'une usine de voitures à Oran sera «bel et bien» signé !
Ce n'est pourtant pas la faute des sondés, d'ici et de là-bas, si on est encore dans l'Histoire et rarement avec bonheur d'ailleurs. Sinon, quand 57% veulent des relations exemplaires, il devrait y en avoir au moins autant qui partagent la déclaration de M. Hollande. Ils ne sont que 38% et c'est déjà énorme, les choses étant ce qu'elles sont.
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