Oran

L'Algérie joue un rôle-clé pour la sécurité de la région Clôture de la 22e conférence régionale d'Interpol - Mireille Balestrazzi, présidente de l'OIPC - Interpol à Horizons



L'Algérie joue un rôle-clé pour la sécurité de la région Clôture de la 22e conférence régionale d'Interpol - Mireille Balestrazzi, présidente de l'OIPC - Interpol à Horizons
L'Algérie a abrité la 22e conférence régionale l'Interpol qui a porté essentiellement sur le trafic de drogues, la piraterie maritime et le terrorisme. Quels sont les objectifs attendus de cette réunion tenue dans un environnement marqué par la recrudescence de la violence sous toutes ses formes en Afrique 'Cette 22e conférence régionale africaine d'Interpol constitue un forum unique qui a rassemblé les représentants des polices et agences d'application de la loi des pays de l'ensemble de la région. Cet évènement a ainsi permis à ces pays d'échanger des informations sur les questions et les formes de criminalité organisée, auxquelles ils ont à faire face dans la région et au-delà, y compris le terrorisme, le trafic de drogues et la piraterie maritime. Les travaux ont donné lieu à l'adoption d'une stratégie régionale et à un plan d'action pour les prochaines années. Cette conférence a permis également aux participants d'échanger les bonnes pratiques. Elle favorise les relations directes entre les hauts représentants de chaque force de police, ce qui est de nature à renforcer la coordination en matière de prévention et de réponse, notamment dans des situations nécessitant des réactions rapides, voire immédiates. Tous ces éléments constituent, à ne pas en douter, des atouts pour les pays dans leurs efforts contre le crime organisé sous toutes ses formes.
Est-ce que ce genre de rencontre aura un impact positif sur le terrain ou faudrait-il qu'il y ait un travail permanent pour éradiquer, du moins, atténuer ces fléaux '
Cette conférence constitue l'un des aspects du travail permanent de développement et de renforcement de la coopération policière entre les pays au travers d'Interpol. Cet évènement a bien entendu un impact positif sur le terrain non seulement en Afrique, mais partout dans le monde. Interpol compte 190 pays membres et nous sommes plus forts en travaillant tous ensemble. Les activités menées tout au long de l'année par les différents pays avec le soutien d'Interpol sont essentielles à la sécurité de l'Afrique, et cette conférence offre une occasion unique pour les pays d'échanger des informations, de partager leur expertise et d'identifier des solutions face aux défis posés par la criminalité organisée. C'est grâce à ce genre de réunions que les tendances de la criminalité sont identifiées et analysées. Des réponses peuvent alors être élaborées par les pays eux-mêmes avec le soutien de l'Organisation.
Justement, quel est l'apport d'Interpol dans cette coopération '
La coopération est essentielle, et c'est sur cette base que le concept d'Interpol est né il y a près de 100 ans. Notre organisation, par ses services et ses outils, est idéalement placée pour soutenir et venir en aide aux polices du monde entier. Ainsi, outre un réseau mondial de communication policière sécurisé fournissant un accès immédiat à de nombreuses bases de données, Interpol fournit un soutien opérationnel aux services chargés de l'application de la loi de ses pays membres. L'utilisation accrue des outils d'Interpol et l'extension de ses services aux points d'entrée et de sortie des pays ne peuvent qu'être encouragées afin que les policiers de terrain bénéficient d'un accès aux informations qui leur sont nécessaires dans le cadre de leur mission. Interpol propose également de nombreuses formations afin d'accroître et renforcer les capacités des polices. Enfin, Interpol a développé de nombreux projets spécifiques à l'Afrique en partenariat avec des organisations ou institutions internationales. Je pense en particulier au programme Wapis-Sipao (Système d'information policière des pays d'Afrique de l'Ouest) développé avec le soutien financier de l'Union européenne et qui vise à créer au sein de cette région une infrastructure nationale et régionale pour faciliter l'échange d'informations de police.
La Direction générale de la sûreté nationale a tracé ces dernières années une nouvelle stratégie afin de juguler certains fléaux. Elle porte essentiellement sur la formation spécialisée. Quelle est votre appréciation de cette approche '
La police algérienne s'est dotée récemment d'un plan de modernisation qui lui a permis de bénéficier d'équipements et de technologies innovants, tout en respectant de nombreuses règles sociales. Cela allie une efficacité accrue à une motivation optimale des services de police. Cet aspect combiné à des sessions de formation spécialisée sont des éléments-clés qui permettent aux forces de police algériennes d'être parfaitement entraînées, préparées et équipées pour les missions visant à assurer la sécurité des citoyens. La formation des policiers est un élément-clé dans la mission générale d'Interpol et constitue un axe essentiel du soutien apporté par Interpol à ses pays membres. En plaçant la formation au c'ur de sa stratégie de lutte contre la criminalité transnationale, l'Algérie est un pays qui sert d'exemple à la communauté policière internationale toute entière.
Peut-on connaître votre appréciation du niveau de coopération entre l'Algérie et Interpol en matière de terrorisme '
La coopération entre l'Algérie et Interpol est très bonne dans tous les domaines, et pas seulement dans la lutte contre le terrorisme. Cette année marque le 50e anniversaire de l'Algérie en tant que pays membre d'Interpol, et le pays a démontré depuis son adhésion, son ferme attachement à la communauté mondiale de l'application de la loi. L'Algérie a développé une expertise en matière de lutte contre le terrorisme qui lui permet de jouer un rôle clé pour la sécurité de la région. L'expertise algérienne en matière de lutte contre le terrorisme constitue un atout pour la région toute entière. Par ailleurs, le Centre africain d'études et de recherche sur le terrorisme (CAERT), structure de la Commission de l'Union africaine, est basé en Algérie, ce qui facilite les échanges et renforce les nécessaires coopérations dans ce domaine.
Vous êtes la première femme élue à la présidence de l'Organisation internationale de coopération policière. Quelles sont les mesures urgentes que vos services ont prises et quels sont les chantiers mis en place en priorité '
Mon travail en tant que présidente est aux côtés des autres membres du comité exécutif et en lien étroit avec le secrétaire général d'Interpol, Ronald K. Noble. C'est donc avec une vision concertée et unifiée que nous faisons avancer l'Organisation au profit de la communauté policière internationale dans son ensemble. Nous sommes à l'écoute de nos pays membres et visons à identifier les domaines dans lesquels notre coopération est la plus utile. Des réunions telles que la 22e conférence régionale africaine d'Interpol, que l'Algérie s'est généreusement proposée d'accueillir dans la ville historique d'Oran, donnent justement à nos pays membres de la région l'opportunité de se rencontrer et d'échanger. Il n'y a pas de solution miracle face à la criminalité transnationale, mais il y a des domaines dans lesquels nous pouvons renforcer notre coopération afin de mieux servir les pays. Par exemple, nous travaillons à améliorer la qualité et à accroître la quantité des informations enregistrées dans nos bases de données, à renforcer l'appui opérationnel et le soutien spécialisé aux enquêtes, à définir une approche globale pour la gestion intégrée des frontières et à mettre en place des structures solides en matière de cybercriminalité pour les pays membres, en collaboration avec les acteurs-clés internationaux. Dans cette évolution, nous voulons offrir continuellement des solutions innovantes et de pointe aux problèmes qui se posent à l'échelle mondiale en matière de police et de sécurité.
Un commentaire sur l'élection du contrôleur de police, Abdelkader Kara Bouhadba, directeur de la police judiciaire, en tant que délégué pour l'Afrique au comité exécutif '
L'élection du contrôleur de police Abdelkader Kara Bouhadba, directeur de la police judiciaire en tant que délégué pour l'Afrique au comité exécutif d'Interpol, est une excellente nouvelle, non seulement pour l'Algérie, mais pour toute la communauté d'Interpol. Il apporte beaucoup d'expérience et d'expertise au sein du comité exécutif d'Interpol, tant du point de vue professionnel qu'humain, ce qui est essentiel, car il représente non seulement l'Algérie et le monde arabe, mais l'ensemble du continent africain. Depuis son élection à l'assemblée générale à Rome en 2012, j'ai eu le privilège de travailler avec M. Bouhadba à plusieurs reprises et je tiens à souligner sa contribution forte et essentielle aux travaux du comité exécutif ainsi qu'au mandat d'Interpol qui est d'unir ses efforts pour rendre le monde plus sûr.
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