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L'Algérie et l'Afrique font cause commune



«Les caravanes, voyageurs et lettrés descendaient du Maghreb vers l'Afrique», a expliqué le chercheur Mansour Kedidir.C'est une terre bénie, elle est riche aussi dans tous ses gisements, culturels, sociaux et autres. C'est l'Algérie. Cette terre est africaine», dit Mansour Kedidir, chercheur collaborateur au Centre des recherches anthropologiques, sociales et culturelles d'Oran, le Crasc, et au Laboratoire de recherche sur les économies euro-méditerranéennes, Lareem. Ce spécialiste revient sur le rôle de l'Algérie dans ses liens, à bras ouverts, qu'elle tisse avec les pays de ce continent. Dans son prélude rentrant dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l'Afrique, devant se tenir le 22 de ce mois à Oran, il dira que «l'Algérie est une terre africaine». Une telle petite phrase résume la vocation de ce pays spacieux de plus de 2 millions de km2 abritant plus de 40 millions d'habitants aux traditions riches, multiples et variées laissées par des aïeux n'ayant jamais songé un jour que les traditions algériennes étaient meilleures que les autres, ni vice versa. Il s'agit tout simplement d'une richesse à valoriser. Le chercheur du Crasc explique en vrac le fond de sa pensée, une réalité irréfutable, car loin d'être remise en cause. «Au-delà des vicissitudes et des contingences politiques, l'Algérie n'a jamais cessé de rechercher les voies et les moyens pour développer ses relations avec le reste des pays africains et notamment avec ceux de l'Afrique subsaharienne», a-t-il développé ajoutant que «ces relations ne datent pas d'hier, elles remontent déjà à l'aube de l'Histoire». Autrement dit, une vie commune et harmonieuse lie les populations de cette Afrique ancestrale depuis des lustres. Au fil du temps, elles (les relations, NDLR) se sont développées, le Sahara étant devenu, par conséquent, un carrefour», a-t-il indiqué expliquant que «les caravanes, voyageurs et lettrés descendaient du Maghreb vers l'Afrique». Sur sa lancée, il a détaillé que «durant plusieurs siècles, la circulation des marchandises et des hommes qui s'en est suivie, a joué un grand rôle dans l'islamisation de l'Afrique de l'Ouest». «Et c'est grâce à ce flux que de nouveaux rapports se sont tissés», a-t-il ajouté. Des confréries religieuses avaient trouvé sur le sol africain un terrain de prédilection et des ouléma, tels qu'El Maghili et Cheikh El Kounti, avaient marqué une génération d'érudits», a-t-il évoqué en soulignant que «cette sédimentation d'islamisation et de l'échange des savoirs était tellement forte qu'elle n'a pu être atteinte par la colonisation en dépit du travail de déculturation entrepris par la force». Aussi, a-t-il enchainé, «lorsque l'heure de l'éveil des nations colonisées sonna, l'Algérie et la plupart des pays africains se sont retrouvés unis dans le même combat libérateur». L'élan révolutionnaire, qui anima toute une génération dans les guerres de libération, avait unifié leurs rangs durant la période postindépendance», a-t-il expliqué. «Cependant, avec la fin de la bipolarité et le triomphe de la vague néolibérale, le socle à partir duquel les Etats-nations projetaient de bâtir l'avenir de leurs populations, se fissura», a regretté Mansour Kedidir arguant que «cet écueil aggrava la fragilité de la société africaine qui fut exposée à de nombreux fléaux». Famine, épidémie, déchirement ethnique, guerre civile et terrorisme n'allaient pas sans constituer le lot de souffrances commun aux Africains. Dans ce tourbillon de violences, l'Algérie ne fut point épargnée. Pour Mansour Kedidir «durant une décennie, l'Afrique combattit le terrorisme islamiste». Dans ce temps africain, temps mêlé d'incertitude et d'espoir, «l'Algérie n'a jamais tourné le dos à l'Afrique», a souligné Mansour Kedidr expliquant que «fidèle à sa mémoire africaine et à ses engagements historiques, et consciente de sa profondeur stratégique en Afrique, elle avait entrepris, depuis le début des années 2000, une politique audacieuse». Cet engament a fait d'elle un acteur majeur sur la scène africaine», a ajouté le chercheur. Partageant la même approche sécuritaire avec les pays du Sahel, notamment, elle initia de concert avec l'Afrique du Sud et le Nigeria le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique, (Nepad). Le chercheur ne dépeint pas une telle situation pour dire que celle-ci est totalement scintillante. En ce sens, il a affirmé que «plus d'une décennie plus tard, le bilan est mitigé». «Si un certain nombre d'actions sont inscrites au compte de l'Algérie, d'autres champs restent encore en friche», a-t-il relevé ajoutant qu'il «en est ainsi du domaine de l'enseignement scientifique et de la recherche où des ponts devraient être construits entre les universités, les centres de recherche et la communauté scientifique». «Il va sans dire que cette voie apparait comme étant une condition pour assurer une synergie entre toutes les forces vives des pays d'Afrique», préconise Mansour Kedidir. Les quelques initiatives lancées prometteuses, à l'instar du Conseil pour le développement des sciences et la recherche en Afrique, le Codesria. Il en est de même du Centre de recherche en anthropologie sociale et Culturelle dont l'une de ses missions de recherche vise l'investigation scientifique dans le champ des réalités africaines. Pour servir de bon exemple, les deux institutions collaborent étroitement depuis plusieurs années. L'Africa Review of Books (ARB), éditée en partenariat avec le Codesria, et dont l'édition francophone est coordonnée par le Crasc, est un premier jalon dans la construction d'une coopération soutenue entre les chercheurs africains. Même s'il s'agit d'une première initiative, le Crasc ne compte pas rester à ce niveau de travail. Il ambitionne d'investir d'autres domaines d'activité africaine afin de répondre aux préoccupations des autorités nationales et des populations, en matière de développement des sciences sociales. La revue compte 26 numéros à ce jour.
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