
L'ONU réclamait depuis un certain temps déjà la cessation de paiement de rançons aux bandes de ravisseurs en contrepartie de la libération de leurs otages. Elle a été sensibilisée dans ce sens par des Etats qui comme l'Algérie estiment à juste titre que cette pratique est source de revenus substantiels pour les preneurs d'otages qui en retirent les moyens de renforcer leurs capacités de nuisance et sont encouragés à la poursuivre.Sans se dire contre le principe du non paiement des rançons, des puissances occidentales ont toutefois usé de leur influence au sein de l'organisation internationale pour l'empêcher de prononcer l'interdiction sans équivoque du paiement et la criminalisation de son recours ainsi que prônée par l'Algérie et d'autres pays. Lundi, le Conseil de sécurité a cependant «musclé» la position de l'ONU sur cette question en votant une résolution réclamant aux Etats membres qu'ils cessent le paiement de rançon. La nouveauté est que le Conseil de sécurité a étendu sa requête aux sociétés et institutions non gouvernementales dont les personnels sont susceptibles d'être visés par les prises d'otages. Ce que faisant le Conseil de sécurité a montré que l'on ne peut être dupe du stratagème des Etats qui tout en prétendant ne pas payer de rançons pour leurs ressortissants pris en otages sollicitent des tiers pour le faire qui ont une raison d'agir de la sorte.N'étant pas contraignante, la résolution du Conseil de sécurité ne va certainement pas faire cesser le paiement de rançon. Elle constitue néanmoins une avancée vers la criminalisation à un moment ou à un autre de cette pratique qui a été adoptée par des institutions régionales étatiques telle l'Union africaine et que l'Algérie et d'autres pays vont continuer à réclamer à l'ONU.Les ténébreuses conditions dans lesquelles sont intervenues ces derniers mois des libérations d'otages occidentaux, français pour la plupart, ont conforté la suspicion voire la conviction que leurs Etats ont bel et bien accédé aux exigences de leurs ravisseurs. Lesquels Etats pour se dédouaner ont fini par accepter que le Conseil de sécurité vote la résolution de lundi, qui tout en raidissant la position de l'ONU sur la pratique du paiement de rançon ne les empêchera pas de continuer à agir comme ils l'entendent dans les affaires de prises d'otages impliquant leurs ressortissants. Il n'en demeure pas moins que la résolution du Conseil de sécurité a donné raison aux pays plaidant pour le refus des paiements et il faut espérer qu'elle va dissuader les Etats qui pour des raisons multiples acceptent le rôle de paravent que leur font jouer les puissances dont les ressortissants sont pris en otages mais ne voulant pas apparaître comme transgressant la doctrine du non paiement.L'Algérie étant l'Etat le plus incisif et déterminé dans le plaidoyer pour l'interdiction formelle et sans ambiguïté de la pratique du paiement de rançon, peut à bon droit se réjouir de la résolution du Conseil de sécurité. Ceux qui en fustigent souvent à juste raison les déconvenues de son action diplomatique doivent avoir le «fair-play» de saluer le résultat de la constance et de la détermination de celle-ci en l'occurrence.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com