Oran - Revue de Presse

L'affaire de l'ex-Enapal revient à la barre



L'affaire des malversations présumées commises dans l'Entreprise de commercialisation de l'Ouest (ECO) ex-ENAPAL, l'entreprise publique dissoute qui était spécialisée dans le conditionnement et l'emballage des produits alimentaires, était hier devant la Cour d'appel d'Oran. Sept ex-responsables et ex-employés de cette entité commerciale érigée, après restructuration, en filiale du groupe algérien spécialisé dans le stockage et l'emballage, comparaissaient, libres, pour répondre des chefs d'accusation de «détournement de deniers publics et complicité» et «fraude en écriture comptable». A leur tête, l'ex-directeur général de l'ECO, B.M.G. Un huitième prévenu, M.D, lui, s'est retrouvé mêlé à cette affaire pour avoir contracté, début 2004, une convention en vertu de laquelle il a été engagé comme conseiller juridique par l'entreprise, alors qu'il avait été radié du tableau de l'Ordre des avocats, en janvier 2003. Celui-ci était, d'ailleurs, le seul parmi les huit mis en cause à être condamné en première instance, en décembre 2008, en écopant de 3 mois de prison avec sursis. Tous les autres prévenus avaient été blanchis. Détonateur de cette affaire, une lettre de dénonciation, datée du 17 avril 2006, rédigée par des travailleurs et signée en nom collectif, faisant état de malversations à la pelle dans la gestion du produit et du patrimoine mobile et immobile de l'ECO. Selon les signataires de la pétition qui a atterri dans le bureau de la brigade économique et financière (BEF) de la Sûreté de wilaya, moult opérations frauduleuses, allant du détournement de fonds par la non-potabilisation de factures de vente, au bradage du parc immobilier de l'entreprise en passant par la fausse déclaration du chiffre d'affaires réel et la main basse sur des bons d'essence, auraient causé à l'entreprise une saignée de près de 35 millions de dinars. Une enquête préliminaire, suivie d'une information judiciaire, sera déclenchée pour faire la lumière sur ces accusations, avec à la clé une expertise commandée par le juge d'instruction. Les dires des travailleurs seront confirmés en partie par l'expert, mais «retouchés» quantitativement. A commencer par le trou financier, qui était, selon l'expert, dix fois moins : près de 3 millions de DA. Mais dans le fond, les constats consignés dans le rapport d'expertise correspondaient, plus ou moins, aux faits déplorés dans la lettre de dénonciation. Le bâtonnier, Me Bouali Omar, un des avocats de la défense, tout en dénonçant la «légèreté des accusations», a regretté les conclusions hâtives et sans fondement de l'expertise comptable, confiée à un ancien commis du Fisc. Contre le «juriste controversé» de l'ECO, le représentant du droit public a requis 1 an d'emprisonnement. Contre les autres accusés, dont le DG de l'entreprise, il a requis 2 ans d'emprisonnement. Le verdict a été mis en délibéré pour le 30 mai.


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