Un des mythes de la Révolution algérienne nous a quittés ; un héros disparaît quelques mois avant le cinquantième anniversaire de l'indépendance, lui qui en fut un des premiers artisans. Enfant de Maghnia, il voit le jour en 1916. D'origine modeste, il fera des études secondaires à Tlemcem. Féru de ballon, il jouera une saison comme milieu de terrain à l'Olympique de Marseille. Son amour pour le foot, il le gardera même en tant que président de la République algérienne où il ne manquait aucun match. Enrôlé dans l'armée française, il combattra à ses côtés contre l'ennemi allemand et participe à la bataille du Mont Cassin. Promu adjudant, Ahmed Ben Bella est alors décoré de l'ordre militaire par le général De Gaulle en 1944. A la libération. le 8 mai 1945, c'est le jour de la fête de la Victoire en France mais une journée sanglante avec les massacres perpétrés contre les populations autochtones de Sétif Kherrata et Guelma. Ces évènements le marquent et il décide d'adhérer au PPA de Messali Hadj. Il appartiendra à l'OS, une organisation que dirige alors Hocine Ait Ahmed. Pour financer le parti, audacieux, il commet un hold-up à la poste d'Oran en 1949. Il sera arrêté une année plus tard et sera condamné à sept ans d'emprisonnement. Toujours aussi audacieux il s'évade de la prison de Blida pour se réfugier au Caire où il retrouve Hocine Ait Ahmed et Mohamed Khider. Ils formeront à trois ce que l'on a appelé la délégation extérieure du FLN. Il sera aussi l'un des chefs historiques du CRUA. Il sera de nouveau arrêté lors de l'arraisonnement par les forces de l'armée françaises d'un avion marocain qui devait se rendre à Tunis. Emprisonné sur l'île d'Aix en France, il sera libéré en 1962, mais entre en conflit lors du Congrès de Tripoli avec la direction du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) précisément avec Mohamed Boudiaf et Krim Belkacem qui sera écarté illico presto Les rivalités politiques apparaissent au grand jour. Une crise de pouvoir s'installe.
Le premier président
de la République algérienne
Ben Bella rentre à Alger avec l'appui de l'armée des frontières. Nommé président du Conseil. Il instaure un socialisme à l'algérienne en s'appuyant sur Nasser qu'il admire et Fidel Castro. On lui doit l'arabisation à outrance et la venue d'instituteurs égyptiens dans le cadre de la coopération technique. Il se fera élire en1963 président de la République algérienne, son dauphin sera le colonel Houari Boumediene, nommé ministre de la Défense. On retient de lui aussi le fameux Sendouk tadhamoun et la «fin des petit cireurs» en prenant soin de faire un bûcher de toutes les boîtes à cirage de ces bambins qui gagnaient quelques sous. Des tensions naissent et plusieurs membres du gouvernement sont limogés. Il fait ainsi l'objet d'une contestation persistante. Alors qu'il est à Oran pour suivre la finale d'un match de coupe à Oran, le 19 juin 1965, Ben Bella est renversé par Boumediène qui lui reproche "la mauvaise gestion du patrimoine national, la dilapidation des deniers publics, l'instabilité, la démagogie, l'anarchie, le mensonge et I'improvisation (qui) se sont imposés comme des procédés de gouvernement». Il ne s'attendait pas à être trahi par Boumediène. Il sera emprisonné dans des conditions extrêmement sévères, puis mis en résidence surveillée à M'Sila jusqu'en juillet 1979. Il épouse en 1971 une journaliste, Zohra Sellami, avec laquelle il adopte deux filles puis un troisième enfant, un garçon tétraplégique. C'est en 1981 qu'il sera grâcié par le président Chadli Bendjedid, le successeur de Houari Boumediène décédé en 1978. Il s'exilera en Suisse et crée le Mouvement pour la démocratie en Algérie (MDA). C'est en Suisse qu'il renoue les liens avec Hocine Ait Ahmed, lui qui avait été emprisonné sur les ordres de Ben Bella. Il revient au pays en 1990 en pleine guerre d'Irak et affirme alors son soutien à Saddam Hussein. Pour lui, les Algériens doivent combattre aux côtés des Irakiens car ce sont tous les intérêts arabes qui sont menacés mais il se retire de la vie politique pour lutter contre la mondialisation capitaliste. A 91 ans, il est nommé en 2007 président du Comité des sages de l'Union africaine. Avançant dans l'âge, il assiste à la prestation de serment du président Abdelaziz Bouteflika. Favorable au dialogue avec les islamistes, il soutient sa politique de réconciliation nationale.
Malade, il ne fera plus que quelques apparitions lors d'évènements à caractère national. Il est pris d'un malaise en janvier 2012 et est transféré d'urgence dans un hôpital parisien. Le 11 avril, il s'éteint à son domicile à Hydra. Il restera cependant un sujet tabou pour la France. Si des personnalités politiques étrangères sont venues assister aux obsèques de celui qui a marqué l'histoire de l'Algérie, la France, elle, s'est assurée du «service minimum» en se faisant représenter par Xavier Driencourt, l'ambassadeur de France en Algérie ; c'est dire que malgré tout, après cinquante ans d'indépendance, les relations entre l'Algérie et la France sont épidermiques, compliquées et chargées d'émotion.
Un des mythes de la Révolution algérienne nous a quittés ; un héros disparaît quelques mois avant le cinquantième anniversaire de l'indépendance, lui qui en fut un des premiers artisans. Enfant de Maghnia, il voit le jour en 1916. D'origine modeste, il fera des études secondaires à Tlemcem. Féru de ballon, il jouera une saison comme milieu de terrain à l'Olympique de Marseille. Son amour pour le foot, il le gardera même en tant que président de la République algérienne où il ne manquait aucun match. Enrôlé dans l'armée française, il combattra à ses côtés contre l'ennemi allemand et participe à la bataille du Mont Cassin. Promu adjudant, Ahmed Ben Bella est alors décoré de l'ordre militaire par le général De Gaulle en 1944. A la libération. le 8 mai 1945, c'est le jour de la fête de la Victoire en France mais une journée sanglante avec les massacres perpétrés contre les populations autochtones de Sétif Kherrata et Guelma. Ces évènements le marquent et il décide d'adhérer au PPA de Messali Hadj. Il appartiendra à l'OS, une organisation que dirige alors Hocine Ait Ahmed. Pour financer le parti, audacieux, il commet un hold-up à la poste d'Oran en 1949. Il sera arrêté une année plus tard et sera condamné à sept ans d'emprisonnement. Toujours aussi audacieux il s'évade de la prison de Blida pour se réfugier au Caire où il retrouve Hocine Ait Ahmed et Mohamed Khider. Ils formeront à trois ce que l'on a appelé la délégation extérieure du FLN. Il sera aussi l'un des chefs historiques du CRUA. Il sera de nouveau arrêté lors de l'arraisonnement par les forces de l'armée françaises d'un avion marocain qui devait se rendre à Tunis. Emprisonné sur l'île d'Aix en France, il sera libéré en 1962, mais entre en conflit lors du Congrès de Tripoli avec la direction du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) précisément avec Mohamed Boudiaf et Krim Belkacem qui sera écarté illico presto Les rivalités politiques apparaissent au grand jour. Une crise de pouvoir s'installe.
Le premier président
de la République algérienne
Ben Bella rentre à Alger avec l'appui de l'armée des frontières. Nommé président du Conseil. Il instaure un socialisme à l'algérienne en s'appuyant sur Nasser qu'il admire et Fidel Castro. On lui doit l'arabisation à outrance et la venue d'instituteurs égyptiens dans le cadre de la coopération technique. Il se fera élire en1963 président de la République algérienne, son dauphin sera le colonel Houari Boumediene, nommé ministre de la Défense. On retient de lui aussi le fameux Sendouk tadhamoun et la «fin des petit cireurs» en prenant soin de faire un bûcher de toutes les boîtes à cirage de ces bambins qui gagnaient quelques sous. Des tensions naissent et plusieurs membres du gouvernement sont limogés. Il fait ainsi l'objet d'une contestation persistante. Alors qu'il est à Oran pour suivre la finale d'un match de coupe à Oran, le 19 juin 1965, Ben Bella est renversé par Boumediène qui lui reproche "la mauvaise gestion du patrimoine national, la dilapidation des deniers publics, l'instabilité, la démagogie, l'anarchie, le mensonge et I'improvisation (qui) se sont imposés comme des procédés de gouvernement». Il ne s'attendait pas à être trahi par Boumediène. Il sera emprisonné dans des conditions extrêmement sévères, puis mis en résidence surveillée à M'Sila jusqu'en juillet 1979. Il épouse en 1971 une journaliste, Zohra Sellami, avec laquelle il adopte deux filles puis un troisième enfant, un garçon tétraplégique. C'est en 1981 qu'il sera grâcié par le président Chadli Bendjedid, le successeur de Houari Boumediène décédé en 1978. Il s'exilera en Suisse et crée le Mouvement pour la démocratie en Algérie (MDA). C'est en Suisse qu'il renoue les liens avec Hocine Ait Ahmed, lui qui avait été emprisonné sur les ordres de Ben Bella. Il revient au pays en 1990 en pleine guerre d'Irak et affirme alors son soutien à Saddam Hussein. Pour lui, les Algériens doivent combattre aux côtés des Irakiens car ce sont tous les intérêts arabes qui sont menacés mais il se retire de la vie politique pour lutter contre la mondialisation capitaliste. A 91 ans, il est nommé en 2007 président du Comité des sages de l'Union africaine. Avançant dans l'âge, il assiste à la prestation de serment du président Abdelaziz Bouteflika. Favorable au dialogue avec les islamistes, il soutient sa politique de réconciliation nationale.
Malade, il ne fera plus que quelques apparitions lors d'évènements à caractère national. Il est pris d'un malaise en janvier 2012 et est transféré d'urgence dans un hôpital parisien. Le 11 avril, il s'éteint à son domicile à Hydra. Il restera cependant un sujet tabou pour la France. Si des personnalités politiques étrangères sont venues assister aux obsèques de celui qui a marqué l'histoire de l'Algérie, la France, elle, s'est assurée du «service minimum» en se faisant représenter par Xavier Driencourt, l'ambassadeur de France en Algérie ; c'est dire que malgré tout, après cinquante ans d'indépendance, les relations entre l'Algérie et la France sont épidermiques, compliquées et chargées d'émotion.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Soraya Hakim
Source : www.lemidi-dz.com