Le petit bois de Hassi Ameur transformé en abattoir
A Hassi Bounif, et en dépit de la traque implacable que leur livre la gendarmerie, les innombrables bouchers occasionnels qui exerçaient sur la voie publique, à quelques encablures du chef-lieu de commune, et qui en avaient été chassés sans ménagement, semblaient avoir trouvé avant-hier la parade pour poursuivre leur sale besogne.
Aussitôt chassés du lieudit «la route de l’agence» où des gardes communaux ont été installés avec instruction d’interdire cette pratique, à l’évidence préjudiciable à l’économie nationale et à la santé humaine, les bouchers du secteur de l’informel ont investi le petit bois dit de Hassi Ameur qu’ils ont vite transformé en abattoir à ciel ouvert. Vendredi, en début de matinée, ils étaient au moins une douzaine à proposer à leur clientèle des carcasses à la fois chétives et malodorantes. Pour échapper au contrôle et écouler sans trop de risque leur infecte marchandise, ces bouchers de la petite semaine ont recruté des guetteurs rabatteurs qui ont pour charge d’épier les déplacements des forces de l’ordre et, le cas échéant, faire le racolage de la clientèle. Leurs étals de fortune saisis, ces hors-la-loi ont vite trouvé la solution de rechange. Aussitôt la bête égorgée, équarrie et dépecée, elle est accrochée à un arbre et soumise à la vente. Hier, la viande caprine, de fort mauvaise qualité et sentant mauvais, était proposée 300-350 dinars le kilo.
Celle censée être de mouton, mais qui provenait en réalité d’une vielle brebis était vendue 380-420 DA. Pour échapper au contrôle de la gendarmerie, les intéressés dissimulent les carcasses sous des touffes d’herbes qu’ils prennent le soin de couvrir de la peau de la bête et, à chaque fois que les tuniques olive mettent pied à terre, c’est la fuite éperdue à travers le petit bois. Souvent, épuisés, les fuyards se délestent de leur fardeau pour sauver leur propre peau.
M. Nemili
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com