
Par Ahmed Halli[email protected]/* */Quelques jours après l'annonce du projet de nouvelle colonie israélienne en Cisjordanie, le Président égyptien Sissi entame ce lundi une visite officielle de cinq jours aux États-Unis. Bien sûr, il ne sera pas question de cette nouvelle implantation, puisque l'Égypte, qui a beaucoup ou trop donné à la mère des causes arabes, a compris qu'on ne peut être palestinien à la place des Palestiniens. Sissi est pragmatique, et comme tout bon Égyptien, il n'ignore pas qu'Israël ne peut avancer d'un pouce sans le parapluie américain, et Trump en est un, et des plus efficients. Donc, pas question d'effaroucher le locataire de la Maison-Blanche, par ailleurs aussi islamophobe que pro-israélien, mais qui représente aussi une manne financière pour l'Égypte. Sissi pourrait tout au plus insister, mais pas trop, sur la nécessité d'isoler un peu plus le mouvement des Frères musulmans, que Trump a promis d'inscrire sur la liste des organisations terroristes. Mais bien avant les «Frères», le nouveau Président américain est surtout soucieux de se prémunir des musulmans en général et des musulmans arabes en particulier. Aussi, temporise-t-il quelque peu, tout en laissant ses conseillers poursuivre les tirs de barrage contre l'Islam en général et ménager paradoxalement les pays qui se réclament d'un Islam pourvoyeur de terrorisme. C'est d'ailleurs le dessein des administrations américaines d'isoler les Frères musulmans, que Trump a repris et qui est mieux prévisible depuis que l'Arabie Saoudite les a lâchés en Égypte. Les Américains n'ignorent rien, au demeurant, de la véritable nature de leurs alliés, ou adversaires, arabes du moment, mais que ce soit avec Obama ou avec Trump, ils font ce que commande l'intérêt national. Et ils ne confondent pas l'intérêt national avec les intérêts que versent les banques suisses et autres établissements offshores à leurs déposants arabes voleurs et fiers d'être les deux. Quant aux Frères musulmans qui prohibent le loyer de l'argent, assimilé à l'usure, ils savent l'importance des circuits bancaires et ils s'y investissent sans retenue. C'est sans doute là leur sujet d'inquiétude principal, sachant que leur inscription sur la liste des organisations terroristes entraînerait fatalement une atteinte à leur système financier. Autrement, tout le monde sait qu'avec la mauvaise réputation de Trump en pays arabomusulmans, une telle initiative hisserait l'organisation islamiste au summum de la popularité. Ce qui ne veut pas dire que les idées des Frères musulmans ne sont pas durablement ancrées dans des pays comme l'Égypte où les autorités jouent sans vergogne du sabre et du goupillon.Le sabre : le journaliste Ibrahim Aà'ssa a été remis en liberté sous caution la semaine dernière après sa comparution devant un tribunal pour injure et diffamation à l'encontre du Parlement égyptien. Dans son journal Al-Maqal, notre confrère avait ironisé sur cette Assemblée en suggérant de lui décerner l'oscar du meilleur dessin animé et l'oscar du meilleur réalisateur aux services de sécurité. Comme il est établi que certaines vérités blessent souvent, le président du Parlement égyptien, suivi par l'écrasante majorité des députés, a intenté une action en justice contre le journaliste.Le goupillon : depuis deux mois, une série d'incendies, d'origine inconnue, a troublé la tranquillité du village de Meà't-Abou-Alkarm, contrée de Talkha, gouvernorat de Dakhalia (nord de l'Égypte). Faute de coupables désignés ou présumés, les habitants, superstitieux et affolés, ont tôt fait de crier à l'intervention de forces surnaturelles et ont dénoncé l'action néfaste de djinns pyromanes. Selon le témoignage d'une des victimes, un certain Abdallah Al-Mensi, dont la maison a entièrement brûlé, ça a commencé avec des jets de pierres continus et violents contre son domicile. Quand il est sorti pour voir de quoi il retournait, le feu s'est déclaré à l'intérieur et s'est propagé rapidement aux deux étages de la maison, détruisant presque tout, y compris un tapis de prière.Le plus étrange est que lorsqu'il a transporté les quelques effets qu'il avait pu sauver dans la maison d'un voisin, le feu s'y est déclaré aussitôt, et il a éclaté dans une autre maison inoccupée où il avait remisé quelques hardes. Un autre habitant a déploré lui aussi les dégâts considérables causés au mobilier et aux murs de son foyer par le mystérieux incendie qui n'a épargné qu'un exemplaire du Coran. Devant la répétition de ces incidents qui ont détruit plusieurs maisons avec leurs mobiliers, et l'absence d'explication rationnelle, les villageois ont fait appel aux islamistes du coin.Ceci après avoir déposé une plainte en bonne et due forme au poste de police local et signé un procès-verbal accusant les djinns. Craignant une exploitation politique de ces incendies par les islamistes, les autorités ont alors dépêché une délégation de cheikhs du ministère pour pratiquer la roqia. Avant la séance d'exorcisme, le chef de la délégation a procédé à la purification des maisons et a incité les habitants à continuer à faire pratiquer la roqia pendant une quinzaine de jours encore. Les incendies, qui s'allumaient et s'éteignaient parfois d'eux-mêmes, ne se sont pas arrêtés, pour autant, et on a déploré jusqu'alors, quelque trente-cinq départs de feu, selon le magazine Elaph. En désespoir de cause, les villageois ont réagi selon la bonne vieille habitude, en barrant les routes et la voie ferrée qui passe à proximité de leur village. L'Etat a enfin dépêché une escouade de policiers, pour rétablir les communications et l'ordre, en espérant sans doute qu'il y aura parmi eux quelque fin limier qui démasquera les vrais coupables.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A H
Source : www.lesoirdalgerie.com