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Kiosque arabe



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halliahmed@hotmail.comQuestion faussement naà've : pourquoi les chiites s'entretuent beaucoup moins, et même plus rarement que les sunnites ' Avant d'essayer d'y répondre, sans parti pris et ni candeur, il faut d'abord se garder de conclure que les chiites sont au fond plus pacifiques que les sunnites. On a vu l'éclatante démonstration avec l'intolérance et la cruauté des ayatollahs, aussi peu fréquentables que leurs homologues d'en face, les cheikhs du wahhabisme saoudien. On sait de quelle manière les mollahs iraniens se sont débarrassés de leurs alliés durant la révolte contre le shah et des adversaires politiques que leur dictature a suscités. On sait aussi que les grands dignitaires religieux iraniens ont accumulé d'immenses fortunes qu'ils ne sont pas près de partager. Et c'est là où je voulais en venir à propos de chiites qui ne s'entretuent qu'en cas de nécessité, la nécessité pour eux étant la défense du produit de leurs rapines. A ce jeu, les chiites irakiens, qui ont bien appris de leur propre histoire et des ayatollahs voisins, se seraient surpassés et feraient si bien qu'ils pourraient faire des envieux. A défaut, donc, de s'offrir mutuellement des pierres tombales, entre frères de même rite, les dirigeants chiites irakiens placent leur butin dans la pierre, la vraie.Ne vous empressez pas de regarder vers l'immobilier parisien, certes très accueillant pour les dirigeants arabes et assimilés, en général, mais un tantinet trop loin pour les aigrefins de fraîche date. Alors, pourquoi aller trop loin lorsqu'on a le très proche Liban et sa capitale Beyrouth, qui recèle encore, en dépit des destructions subies, un patrimoine immobilier très attractif. Mais comme ils sont aussi joueurs que prudents, les dirigeants irakiens ne placent pas tous leurs jetons dans la même case, et ils misent aussi sur d'autres quartiers d'Istanbul ou d'Ankara. Selon le quotidien koweà'tien Al-Jarida, des centaines de millions de dollars ont été ainsi transportés dans les valises de dirigeants irakiens et placés au Liban et en Turquie. «Une ruée impétueuse pour acheter des biens immobiliers : ici un ensemble résidentiel, propriété d'un Irakien, dont tout le monde sait qu'il n'est que la devanture commerciale d'un homme politique irakien très en vue. Là, un hôtel imposant, catégorie cinq étoiles, perché sur un promontoire, au Liban, qui appartient officiellement à un Irakien», relève le journaliste Mohamed El-Ouachihi. Etant donné que l'essentiel de cet argent provient de l'Iran, pourquoi ces dirigeants prévaricateurs ne placent-ils pas l'argent volé aux Irakiens dans le pays d'origine des fonds ', s'interroge-t-il.Encore une question naà've qui devrait faire sourire les intéressés, et déclencher le fou rire chez les sunnites qui achètent de l'immobilier parisien, en toute impunité. Cet enrichissement scandaleux et outrageant n'a pas échappé aux chiites irakiens, confrontés aux difficultés de la vie quotidienne, et qui regrettent Saddam, en dépit du mal qu'il leur a fait», note encore Al-Jarida. Pourrait-on se consoler en pensant qu'il existe quand même des points de convergence, autres que la déprédation et le vol, entre responsables chiites et sunnites et notamment en théologie. Lors des fêtes de fin d'année, et pour faire dans l'intolérance comme en pays sunnites, le ministère iranien de la Culture et de l'Orientation a interdit aux Iraniens ces célébrations. Le ministère a également menacé de fermeture les établissements et organismes qui feraient de la réclame pour ces fêtes, sans préjuger des poursuites pour propagation du christianisme. Plus encore, les chrétiens ont été autorisés à festoyer dans des lieux réservés, mais entre eux, et les autorités ont interdit aux musulmans d'assister à ces célébrations, même en tant qu'invités. L'écrivain koweà'tien Khalil Ali Haà'dar, qui revient sur ces faits dans le magazine électronique Shaffaf s'attelle à relever les contradictions au sein de la direction iranienne.Ainsi, il relève dans le livre (1) du guide suprême Ali Khamenei, cette réponse à une demande de fatwa et dans laquelle il autorise les musulmans à célébrer les fêtes chrétiennes. L'écrivain se demande s'il ne faut pas rattacher cette contradiction entre le guide et son ministre au conflit actuel entre sunnites et chiites. En revanche, il se réfère à l'ouverture d'esprit de l'homme politique koweà'tien, chiite, Abd-Almohcine Djamal, qui dénonce ces manifestations d'intolérance périodiques. «Cet irrédentisme provient sans doute de l'ignorance que l'Islam est une religion universelle qui respecte tous les prophôtes, et envoyés et tous les livres révélés. De même qu'il enjoint de se rapprocher et de rechercher l'entente avec tous les peuples de la terre». Et de citer en exemple l'imam Ali qui accepta l'offrande de sucreries présentées par des compagnons persans, à l'occasion de la fête du Norouz (2), en leur disant «que chaque jour soit notre Norouz». Quant aux causes de ce durcissement des autorités iraniennes, elles sont aussi vieilles que le monde et se rattachent essentiellement à la peur de perdre le contrôle sur la société. En effet, note Khalil Ali Haà'dar, de jeunes Iraniens se convertissent au christianisme par opposition au pouvoir des ayatollahs et pour pouvoir émigrer en Occident. L'apostasie étant punie de mort en Iran, c'est l'une des solutions qui s'offrent aux jeunes pour obtenir l'asile politique dans les pays démocratiques, européens principalement. Quant aux Etats-Unis, réputés terre d'accueil, Trump vient d'en verrouiller les frontières. Trump qui ne fait aucune différence entre chiites et sunnites, tel le Raminagrobis de la fable (3).A. H.(1) Le recueil de fatwas, livre de chevet de tous les bons chiites et sympathisants, porte un titre aussi long que pompeux : «Réponses (aux demandes de fatwas) de son indulgence, le tuteur des musulmans, Ayatollah suprême, Monsieur Ali Al-Husseà'ni Al-Khamenei, que son ombre s'étende et perdure».(2) Nouvel An, selon le calendrier solaire persan, célébré en Iran.(3) Il faut saluer la sagacité du nouveau Président américain qui, à peine arrivé, possède déjà la liste complète des pays producteurs de terrorisme. Si on en croit cette liste, des pays comme l'Arabie Saoudite et l'Égypte n'ont pas de terroristes, de même que les pays du Maghreb. Nous voilà tout à fait rassurés !
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