Cette ancienne travailleuse du sexe de Bel Abbès est, depuis deux ans, chargée de filtrer les entrées à la maison de tolérance réglementée d’Oran. «A mon âge, plus aucune maison close, dans la région, ne voulait m’employer. Mme Samia, la propriétaire, dont je connaissais la mère, m’a proposé ce travail.» Tous les matins à 8h30, Khalti Fatma s’installe devant la porte de l’établissement, quelles que soient les conditions climatiques, un paquet de Marlboro à la main. Elle est chargée de faire payer l’entrée de l’établissement (50 DA) et de filtrer les clients. «Grâce à mon expérience dans le métier, j’arrive à repérer les clients louches. Pas question de laisser passer ceux qui sont saouls. Du premier coup d’œil, je peux savoir à qui j’ai affaire. Les filles qui travaillent à l’intérieur savent que ceux qui rentrent sont des hommes corrects. Quand un client fait du tapage, je sors mon gros gourdin et je fonce à l’intérieur pour lui régler son compte.»
Ce contact avec les clients a permis à Khalti Fatma de tisser des liens particuliers avec certains. «Il y a des clients que je connais depuis mes débuts ici. Il nous arrive de discuter. Ils me racontent leurs problèmes, surtout leurs déboires conjugaux ou alors ils me demandent des renseignements sur une des filles de la maison. Il y en a beaucoup qui tombent amoureux et qui veulent faire sortir la fille du métier pour les épouser. Je leur conseille de laisser tomber et de trouver une autre fille, car quand on rentre dans ce métier c’est difficile d’en sortir.»
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Posté par : sofiane
Source : www.elwatan.com