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Khaled à l'Olympia : un public en communionCulture : les autres articles



Khaled à l'Olympia : un public en communionCulture : les autres articles
Khaled est nombreux, multiple. Essayer de l'emprisonner dans une case, c'est lui faire offense. Mercredi à l'Olympia, il avait des comptes à régler.Paris
De notre correspondant
Une catharsis, non une séance de psychanalyse avec un public en délire. On le voyait en Sammy Davis Junior, rieur, forcément rieur, il a su ajouter Frank Sinatra. Janus, il était les deux. Une générosité et une présence comme une réponse à tous ses détracteurs. L'auteur de ces lignes n'est pas objectif, juste subjugué par un concert exceptionnel, par un Khaled phénoménal. Singulier, car sa voix n'a pas d'équivalent, il joue avec plusieurs octaves, avec une facilité indécente. Grave, très grave. Pluriel parce que Khaled a donné toute la mesure de sa multiplicité. Roots, oriental à la Hafez, kabyle, reggae, zouk, raï des origines à la Rimitti, flamenco, léger et pétillant comme Goldman, il s'est fait plaisir, nous a fait plaisir. Moment d'une intensité dramatique, Wahran d'Ahmed Wahbi. D'abord une version presque savante, avec une guitare sèche intrusive, une sondeuse d'âme. Retournée, la salle s'est tue, prise dans une intériorisation tortueuse.
Les notes mettent les nerfs à vif. Oran se fait bourreau et victime, s'offre et se retient. La guitare ne cherche pas à apaiser, ni à plaire. Elle questionne, dénude. Khaled le sait, sa voix se fait scalpel. Sur des corps vivants. Douleurs. Quelques instants plus tard, la Reprise, en majuscule. Habité, Khaled n'est plus à l'Olympia. Sa voix le transporte à El Hamri, à Gambetta. Oran prend des reliefs. La salle, d'abord festive, entre en communion. Les mouvements lascifs laissent place au recueillement, à la nostalgie. L'exil se fait déchirant, exils intérieurs. Emu, le king s'oublie, s'enfonce dans un masochisme salvateur. Et là, le sourire, le rire éternel, se tait, s'efface devant une profondeur abyssale. C'est cela surtout Khaled, un artiste sensible, profond, émouvant qui cache sa timidité dans des rires sonores, des cache-sensibilités. Or, sur scène, plus de place à la comédie, la vérité nue. Et cette vérité est belle, crue, difficilement dissimulable. L'homme médiatique s'évapore devant l'artiste.
Une vérité, des vérités, Khaled ne se cache plus, il se donne. Entièrement. Rarement un concert n'a été aussi plein de justesse. Non, Khaled n'est pas que l'interprète de C'est la vie ou Aïcha. Ses invités, Hocine Lasnami, Enrico Macias et Zaho sont là pour en témoigner. Même en régulant sa voix, il arrive à hanter les fantômes de l'Olympia. Oui, il a dompté les fantômes, le revenant.
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