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Kenza Farah et les rappeurs maghrébins s'expriment Festival du cinquantenaire à Oran



Kenza Farah et les rappeurs maghrébins s'expriment                                    Festival du cinquantenaire à Oran
Avant de se produire au théâtre de verdure Chakroun Hasni à Oran, dans le cadre du festival commémorant le 5 juillet, la chanteuse de r'n'b, Kenza Farah, franco-algérienne, les rappeurs Othman du groupe H-Kayne (Maroc) et Wejdi de Mascott (Tunisie) ont animé samedi, à l'hôtel Royal, une conférence de presse où ils ont livré leurs impressions sur leur participation et parlé de leur art et de la vie en général.
«C'est un plaisir d'être ici avec vous pour partager cette grande joie liée au cinquantenaire de l'indépendance», déclare Kenza, rappelant être née en Algérie (Béjaïa) et avoir grandi en France (Marseille), pour revendiquer la double culture à laquelle elle appartient. Pour la soirée, elle a préparé un cocktail de tubes qui ont fait sa réputation comme Je me bats, Lettre du front, Au c'ur de la rue, Là où tu vas, etc. Elle a été repérée, très jeune, par un label : Karismatik avec lequel elle enregistrera trois albums. Son quatrième sortira chez Sony sous le titre 4 Ever, ce qui, dit-elle, lui ouvre d'autres perspectives, car d'autres médias lui sont désormais ouverts. Elle n'avait qu'une douzaine d'années, lorsqu'elle a commencé à chanter. Elle tourne son premier clip à 16 ans et enregistre son premier album à seulement 18. Aujourd'hui, elle en a 26, et le hasard a voulu qu'elle fête son anniversaire le soir-même de son concert, le 8 juillet. Hormis ses duos avec des artistes internationaux, notamment des rappeurs, elle a déjà chanté en duo avec Mami, Mohamed Alloua, mais aussi Iddir et Mohamed Lamine. Elle est tentée par un duo féminin, mais elle n'est pas encore fixée.
«Les duos sont souvent le fruit d'une rencontre, et tout dépend du feeling», prévient celle dont on dit qu'elle est la première fille du r'n'b français à avoir fait le Zénith. Son deuxième album, intitulé Avec le c'ur (2008) a été sacré disque de platine et son troisième, Trésor (2010) est disque d'or. «C'est un premier rap marocain qui s'exporte en Algérie, et c'est un honneur pour moi de me présenter devant le public à l'occasion du 50e anniversaire de l'indépendance du pays», se félicite Othmane du groupe H-Kayne, qui a déjà lui aussi 3 albums à son actif et un titre honorifique d'«Ambassadeur de bonne volonté» pour le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement). Avec un quinzaine d'années d'expérience, le groupe est pionnier du genre au Maroc. «Nous avons commencé en 1998, et à cette époque, nous n'avions pas de modèle, mais avec le temps, nous sommes parvenus à vivre de notre musique», confie le rappeur marocain, comme pour souligner les difficultés des débuts de carrière et un succès qui ne leur est pas monté à la tête.
«Nous sommes toujours engagés, et nous sommes toujours avec le peuple», poursuit-il pour lever les équivoques entourant l'attitude (neutralité) du groupe pendant les vagues de contestation qui ont secoué le royaume chérifien en 2011, dans le sillage des révoltes dites arabes. La particularité de son pays réside dans le fait que c'est une monarchie qui reste quand même ouverte vers le monde.
«Nous avons chanté des textes dérangeants, même à l'époque de Hassan II, et ce n'est pas parce qu'un vent de révolte a soufflé ailleurs que nous allons saisir l'occasion pour faire de même coûte que coûte», estime-t-il en qualifiant cette démarche d'opportunisme.
«Nous ne sommes pas des politiciens et nous refusons les phénomènes de mode qui sont passagers, et la preuve est là avec l'éclipse des groupuscules qui ont voulu s'atteler au mouvement», tranche-t-il en conclusion. La situation est tout autre en Tunisie, représentée ici par le «Big Boss» (alias) du groupe tunisien Mascott. «Nous nous produisons pour la première fois en Algérie ; c'est quelque chose de très spécial qui n'est pas ordinaire et nous sommes contents de participer à la fête de l'indépendance du pays de 1,5 million de martyrs», déclare Wejdi en introduction.
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