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KEF EL-AHMAR



KEF EL-AHMAR
Ce qui ne ressemblait tout au début des années soixante qu'à un immense regroupement de tentes de petits éleveurs dont le plus aisé ne possédait pas plus d'une dizaine de chèvres squelettiques et avec comme seules bâtisses une infirmerie et une antenne administrative, a connu au fil des années précédentes une profonde mutation. Rares sont ceux qui aujourd'hui gardent intacte la légendaire histoire du non moins célèbre caravansérail de «Zouireg» qui a offert le gîte et le couvert à des centaines voyageurs, qui y descendaient tout émus et confus des calèches d'antan, a vécu lui aussi ses heures de gloire intense tout au début du siècle dernier. Autres temps, autres m?urs. Le béton a remplacé la toile de chèvre.Aujourd'hui, c'est une petite ville qui est sortie comme par enchantement des entrailles de la steppe et le béton ne cesse de grignoter des espaces, donnant ainsi naissance à des ensembles d'habitations où l'électricité a remplacé le quinquet et le robinet l'outre faite en peau de chèvre. Ce chef-lieu de commune compte à lui seul plus de 1.500 âmes, soit le un quart de l'ensemble de la population locale, à majorité rurale. Il faut dire que sans l'aide financière de l'Etat, cette collectivité locale aurait depuis bien longtemps perdu corps et âme puisqu'elle ne dispose d'aucune autre source de revenus. Au titre du PCD 2013, dont l'enveloppe financière est évaluée à 3.800.000 cts au profit d'une dizaine de projets retenus, le maire dira qu'il a été mené à terme dans sa globalité avec un taux de consommation des crédits estimé à plus de 90%, une prouesse réalisée à l'échelon de la wilaya par le premier élu communal, comparativement aux résultats obtenus dans le reste des autres communes de la wilaya. La concrétisation de ce programme a porté sur des travaux de viabilisation et d'aménagement urbaine qui a touché l'ensemble des cinq quartiers de la ville avec en prime pas moins de cinq espaces verts richement aménagés, un éclairage public des cités et rues entièrement rénové. Concernant le programme complémentaire, pour lequel 3 milliards de cts ont été débloqués, l'on a appris que pas moins d'une quinzaine de projets à caractère socioéducatif et culturel, inscrits dans ce chapitre, sont actuellement en voie de réalisation. Il s'agit du renforcement et de la rénovation des réseaux AEP et d'assainissement. En matière d'habitat rural, M. Zine-Dine Boumerzoug, le chef de la daïra, au verbe percutant, auteur d'une série d'ouvrages littéraires, des galons bien mérités sur ses épaulettes, a présenté tout un éventail de propositions et un chapelet de suggestions susceptibles de sortir la population juvénile en chômage de cette commune de l'ornière, pour peu que celle-ci s'appuie sur le développement de l'élevage ovin. Abondant dans ce sens, il rappellera, avec arguments à l'appui, que la steppe leur offre de vastes espaces de pâturages libres à conquérir et à perte de vue. Ceci dit, poursuit ce même responsable, l'Etat n'a pas lésiné sur les moyens en mobilisant et en octroyant des dizaines de milliards de DA pour ces jeunes, pour peu qu'ils soient réellement animés d'une volonté ferme et sincère de créer des coopératives d'élevage par le biais des crédits accordés par les pouvoirs publics dans le cadre de l'ANSEJ, en nous rappelant au passage que l'activité d'éleveur dans cette région est transmise de génération en génération et qu'elle passe de main en main de père en fils.La commune est en passe de réceptionner 30 logements de type social locatif et sur le registre de l'habitat rural, l'on a appris que 200 logements de type rural ont été accordés à la commune qui a enregistré quelque 1.830 demandes. Un déficit qui, s'il venait à être comblé, donnerait incontestablement un véritable coup de pouce au développement des activités pastorales et atténuerait un tant soit peu la pression qui s'exerce sur la commune en matière de résorption du chômage. De l'aveu même du maire et de ses adjoints, la direction de l'emploi des jeunes refuse catégoriquement d'octroyer des postes de travail temporaires aux milliers de jeunes filles que compte cette collectivité et allez-y comprendre les réelles raisons de cette discrimination, nous dira, tout embarrassé par ce fardeau qu'il porte sur le dos, le maire de cette commune. Rien n'y fait, l'obstination de cette responsable a fait baisser les bras aux centaines de jeunes filles postulant dans le cadre de l'opération réinsertion des jeunes.Le seul marché aux bestiaux qui lui assurait une rente financière non négligeable a été détrôné sans ménagement par celui du chef-lieu des communes limitrophes, mais cela n'a pas empêché les tout puissants éleveurs issus de tribus locales « Trafis » de retrousser leurs manches et de ne compter que sur eux-mêmes pour donner au mouton et au bélier de la race locale leurs véritables lettres de noblesse. Autre casse-tête de ces milliers de parents d'élèves, le régime du semi-internat dans les établissements scolaires du primaire et des deux CEM les laisse sur leur faim, puisque ces centaines d'enfants de nomades scolarisés ne peuvent en aucun cas prétendre aux repas du soir et encore moins au dortoir. Ils sont, nous dit-on, pris en charge à leur sortie d'école en fin d'après-midi par des proches résidant dans le chef-lieu de commune et heureusement la commune assure le transport scolaire parfois sur des itinéraires de plus de soixante-dix kilomètres à travers la steppe.De leur côté, les milliers d'éleveurs qui font la fierté de cette commune, désabusés par la chambre locale de l'agriculture, ne cessent de frapper du poing sur la table et réclamer à tue-tête l'ouverture de points de vente au niveau local des divers produits de l'aliment du bétail et ceci dans le but de mettre un terme à la spéculation sur ces produits qui bat son plein et ne cesse de leur faire voir en ces temps de pré-sécheresse des vertes et des pas mûres. L'indisponibilité des terres à vocation agricole à travers toute l'immensité des vastes et plates plaines steppiques du territoire de cette commune qui couvre pas moins de 16.000 km2, fait que plus de la moitié de la population locale se tourne vers l'élevage ovin. Seule source de richesse pour les 7.525 éleveurs qui totalisent un capital cheptel ovin estimé à plus de 750.000 têtes.


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