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Kasr Boukhari (Médéa) : le camp Morand ressuscité



C'est au pied d'une stèle commémorative érigée en 2009, sur une colline non loin du camp dit Morand, que les autorités locales et le secrétaire général de l'Organisation des anciens moudjahidine, M. Abadou, ainsi que d'anciens détenus et révolutionnaires ont déposé mercredi dernier une gerbe de fleurs et lu la Fatiha à la mémoire des martyrs.
Ce dernier est réputé dans tout le pays par ses conditions inhumaines de détention durant l'époque coloniale. L'histoire des prisonniers de ce camp restera à jamais gravée dans la mémoire des générations futures. M. Métidji, un ancien détenu du camp Morand (de mai I959 à avril 1962 date de la libération de tous les rescapés de ces lieux) nous dira : «Ce camp a été érigé durant la Seconde Guerre mondiale (vers 1940) et a abrité des prisonniers de guerre italiens.
Il porte le nom du sinistre général Morand, un des officiers de Napoléon Bonaparte durant la guerre de Prusse. C'est lui qui a assiégé les villes d'Eylau et Konisberg en 1807 pour anéantir toute une population. Entre 1945 et 1954, divers détenus de droit commun y ont séjourné. A partir de 1955, des détenus politiques, des suspects et quelques moudjahidine y ont été emprisonnés.
Mais vers la fin de l'année 1957, l'autorité militaire colonialiste a décidé de transférer tous les détenus vers d'autres centres (Berrouaghia, Aïn Oussera') pour réserver ces lieux exclusivement aux têtes dures de l'ALN.»
Notre interlocuteur se souvient du capitaine Samary, une bête noire des prisonniers, qui a failli commettre une tuerie dans ce camp lors du putsch des généraux Salan, Zeller, Chall et Jouhaut en poussant sur son ordre les 700 détenus environ à creuser leur propre tombe au-delà du camp, mais l'échec du putsch a fait faire volte-face au capitaine. Une extermination loupée de justesse par un officier d'une armée qui se prétend défendre le droit de l'homme dans le monde. Notons que cette commémoration s'inscrit dans le cadre des festivités du cinquantième anniversaire de l'indépendance.


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