"Nous devons nous investir davantage dans le combat démocratique pour imposer un changement radical à même d'instaurer un véritable Etat de droit" comme alternative au régime politique actuel, "foncièrement régionaliste", a-t-il préconisé.Lors d'une conférence-débat animée dans la soirée de vendredi dernier, à la salle des délibérations de l'APC de Chemini où il était invité par le Café littéraire local, le premier responsable de l'Union démocratique et sociale (UDS, toujours en attente d'agrément), Karim Tabbou a évoqué la situation socioéconomique du pays qu'il qualifie des "plus préoccupantes".
Interrogé sur l'affaire du blocage des équipements destinés au projet d'usine de trituration de graines oléagineuses initié par Cevital à Béjaïa, le conférencier n'y va pas avec le dos de la cuillère pour exprimer son soutien au projet du groupe. "Nous ne pouvons qu'être solidaires avec les investissements du groupe Cevital qui a réussi à créer des richesses et fait nourrir des milliers de familles algériennes", a-t-il déclaré devant une assistance nombreuse.
Dénonçant la politique de "deux poids, deux mesures" du pouvoir en place, le chef de file de l'UDS dira que "l'économie ne doit pas être soumise aux caprices des politiques, mais plutôt aux règles en la matière". Allusion faite ici au régionalisme économique dont fait preuve le gouvernement algérien, d'autant plus que les pouvoirs publics autorisent, financent et accompagnent un projet similaire à celui de Cevital, qui se réalise actuellement au port de Djendjen, dans la wilaya de Jijel.
Pour M. Tabbou, le régionalisme est l'un des piliers du système politique algérien, en plus de la corruption, la confiscation de l'Histoire, la fraude, la répression...
Parlant du régionalisme économique, M. Tabbou déplore que "le clan présidentiel ait érigé le tribalisme en mode de gestion de l'Etat", en affirmant que "le pouvoir en place veut faire de l'Oranie une mégapole au détriment des autres régions du pays". Il citera, à titre d'exemple, les projets d'envergure implantés ces dernières années dans la capitale de l'Ouest, à l'instar des usines de montage automobile et du prestigieux siège de Sonatrach à Oran, ainsi que la somptueuse résidence d'Etat construite à Tlemcen.
"Nous ne pouvons taire ces déséquilibres qui cachent mal la nature foncièrement régionaliste du régime politique algérien. En revanche, nous devons nous investir davantage dans le combat démocratique pour imposer un changement à même d'instaurer un véritable Etat de droit", a insisté le conférencier.
Kamal Ouhnia
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : KAMAL OUHNIA
Source : www.liberte-algerie.com