Retour aux sourcesou phénomène de mode ? La réapparition de la «kachabia» cet Aïd a été des plusremarquée. De la tête jusqu'aux pieds, la tendance chez les jeunes et les moinsjeunes est à l'habit traditionnel. Et ce n'est pas pour rien de constater,depuis quelque temps, l'ouverture de plusieurs boutiques d'articles vestimentairesspécialisés dans la tenue traditionnelle comme c'est le cas à Choupôt, àMaraval, au centre-ville, à M'dina Jdida et un peu partout. Les tenuescomplètes, adultes, griffées, atteignent facilement les 30.000 dinars, voireles 40.000 dinars. La frénésie semble avoir touché les enfants pour qui l'onpeut trouver des tenues à 6.000 dinars. Les modèles vont du plus sobrejusqu'aux plus fantaisistes. Broderie et coloris avec ou sans turbans oukeffieh, marocains ou moyen-orientaux : le client n'a que l'embarras du choixpour «exhiber» la marque de son authenticité durant les fêtes de l'Aïd et bienau-delà. A M'dina Jdida, d'interminables étals gorgés de tenues traditionnellesont suscité le grand engouement durant le mois de Ramadan parmi les jeunes. Latenue deux pièces «Abaya» et pantalon «made in China», de tissu synthétique estcédée à 400 dinars, voire 300 DA, belle occasion pour s'habiller au moindrecoût. Un nouveau créneau aussi pour les ateliers de couture qui se sontspécialisés dans la confection de ce genre d'habits facile à réaliser. Cettemode vestimentaire, ne concernant pas uniquement l'habit de l'Aïd, semble aussis'étendre aux fêtes de mariages où l'on peut observer de plus en plus de jeunesmariés troquer le costume classique 2 pièces avec une élégante tenuetraditionnelle : Djellaba : une «fassia» à 12.000, une «aabaya» omanaise à15.000 dinars et une «bolgha» (babouches) brodée au fil doré à 3.500 dinars,voire davantage. La pratique vestimentaire change au gré des contingencesoserait-on dire. La percée des chaînes de télévision moyen-orientales, cellesdes pays du golfe, explique en partie cet engouement. Car, vitrine de laréussite économique de ces pays, ces chaînes font souvent la réclame de l'hommequi sans renier son authenticité vit parfaitement la modernité. Cet homme, peutêtre interchangeable avec l'immuable modèle occidental, usé par tantd'employabilité. L'on se souvient, à cet égard, comment les jeunes d'ici, sesont mis à la «barbiche», il y a quelques années de cela, imitant unprésentateur-vedette du journal télévisé de la chaîne Al Jazeera. Comme quoi,l'habit emprunté ou ressuscité, est aussi, pourquoi pas, une marqueidentitaire.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : T L
Source : www.lequotidien-oran.com