Une rentrée scolaire parsemée de désagréments
Chefs d’établissements, enseignants et personnels éducateurs ainsi que les parents d’élèves, même si les premiers ne peuvent le faire ouvertement parce que tenus par un droit de réserve, dénoncent tous, et depuis le premier jour de la rentrée, la véritable gabegie qui prévaut cette année dans les établissements.
Les établissements du moyen qui étaient, à l’inverse de ceux des autres paliers, quelque peu à l’abri du surnombre des élèves dans les classes, connaissent désormais une situation suffocante, mettant dans un embarras réel l’ensemble des travailleurs de l’éducation. A Oran, le problème se pose avec acuité: Au CEM Abderahmane, on est passé à dix-sept classes de 1ère année moyenne alors qu’il n’en comptait que neuf l’année précédente. Les CEM Dergham Hanifi à El Makkari, El-Hakim Benzerdjeb aux Castors ou encore les CEM Et-Tahdhib et Mohamed Tandjaoui au centre-ville, quelques exemples parmi tant d’autres, arrivent à saturation avec 18 à 19 classes pour les premières années uniquement. Amina, une enseignante de 18 années de service, dira à ce propos avoir tiré la sonnette d’alarme l’année dernière. «Personnellement, je suis choquée par la marée d’élèves qui se trouvent dans la cour. Il n’y a plus d’espace libre pour eux», dit-elle avant que son collègue, Nacer, prenne la parole: «Tous les acteurs du secteur avaient prévu cette situation, mais personne n’en imaginait l’ampleur du désastre. Nous avions déjà beaucoup de difficultés à faire notre travail avec bien moins d’élèves. Qu’en sera-t-il aujourd’hui?» Sans aller donc jusqu’à nier certains côtés positifs dans les réformes introduites dans le secteur de l’éducation, d’aucuns constatent de nombreuses et complexes contraintes apparues avec l’application des nouvelles mesures sur le terrain. A commencer par le manque de locaux dans les établissements d’accueil des élèves de première année, les obligeant donc à «emprunter» des classes aux écoles primaires mitoyennes, avec tout ce que cela charrie comme inconvénients, dont la question de l’horaire des cours: les élèves du primaire ont leur pause à 9h30, au moment où les collégiens sont encore en classe. Il est aisé d’imaginer les désagréments qui peuvent en résulter. L’autre souci est d’ordre psychologique. Certains élèves de 1ère année moyenne se retrouvent dans la même école primaire qu’ils étaient censés quitter en décrochant leur passage en classe supérieure. «J’ai entendu un élève dire à son camarade: J’ai fait beaucoup d’efforts, j’ai obtenu ma sixième avec brio et je me retrouve dans la cour des petits», raconte une enseignante qui ajoute: «Imaginez-vous sa frustration?» C’est le cas de Houari. Il a piqué une crise devant ses parents abasourdis en leur disant: «Pourquoi ai-je donc passé l’examen, si je dois encore me retrouver avec les petits, dans mon ancienne école?» Pour le père, l’enfant «a raison», en soulignant que «l’accès au palier supérieur est toujours important dans la vie d’un enfant, événement vécu comme une satisfaction de soi». Le chef d’établissement, tenu, lui, de faire appliquer les instructions reçues, dira: «Nous n’avons pas le choix; sur les 18 classes de première année, 6 devaient être réparties entre les écoles primaires voisines».
L’autre souci est vécu par les enseignants qui, une fois les cours terminés dans une classe se trouvant au sein du CEM, doivent de suite rejoindre l’école primaire qui se trouve parfois à une certaine distance, d’où le recours à un timing dit «étudié» et à une gymnastique de la part de l’enseignant devant arriver frais et disponible pour un cours de 45 minutes. Nadia, enseignante, se dit déjà épuisée alors que la première semaine n’a pas été consommée. «Nous nous retrouvons à courir d’un établissement moyen à une école primaire» dit-elle et «il faut être superman pour espérer accomplir son devoir selon les normes dans ces conditions de travail». Il faut dire aussi que des mésententes ont vu le jour, opposant des chefs d’établissement des deux paliers. A Oran Est, le directeur d’une école refuse de mettre ses classes à la disposition du cycle moyen, et ce, pour des raisons qui n’ont pas été expliquées. Dans le sillage de cette décision, les élèves, en bons dindons de la farce, sont promenés entre les deux établissements...
Zitouni M.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com