Il y a neuf années que le grand club de Kabylie a commencé à rentrer dans les rangs, en dépit de recrutement onéreux de joueurs locaux et africains. Depuis plusieurs saisons, à l'inverse de son passé glorieux, la JSK joue pour le maintien. La saison écoulée, elle a échappé de justesse à la relégation, alors qu'au terme de la phase aller de l'actuelle Ligue 1, elle se bat toujours pour le maintien. Comment expliquer ce déclin pour un club jadis cité en exemple pour sa régularité et sa stabilité à tous les niveaux ' Est-ce dû aux nouvelles règles d'un professionnalisme «à l'algérienne» décrié par les observateurs les plus objectifs 'Qu'est-ce qui a changé au sein d'un club habitué à la gloire et qui, effectivement est le plus titré d'Algérie ' Récemment, un spécialiste éminent de la JSK a publié une étude parue au Quotidien d'Oran. Il s'agit du co-auteur avec Kamel Idir, du livre «JSK, 40 ans de football». Kebdi Rabah est allé aux origines de la JSK et a émis des hypothèses qui tiennent la route, et pose également des questions pertinentes sur le rôle identitaire, la connexion de certains évènements, et souligne très justement l'incapacité de la JSK à faire bonne figure dans une compétition pourtant de niveau général moyen, et parfois même médiocre.
Selon cet auteur, qui connaît la JSK mieux que personne, «les causes sont multiples», et que «le professionnalisme est au football ce que le matché est à l'économie. Sensé susciter la concurrence et produire de l'excellence, il a enfanté le bazar, la corruption et l'informel». Pour quelques rares réussites, combien d'échecs de joueurs locaux et d'ailleurs ' Enormément, aussi bien du côté des immigrés que des Africains, le cas Ebossé étant exceptionnel sans aucun doute. Ces nouvelles «m?urs» ont fait beaucoup de mal à la JSK plus qu'ailleurs en tout cas. Car ce club a ses particularités et une «âme» particulière. Si des joueurs venus d'ailleurs ont revêtu son maillot, c'est par intérêt financier. Il est prouvé que la «réunion» de bons joueurs ne fait pas obligatoirement une bonne équipe à plus forte raison à Tizi-Ouzou où le public, gâté par de nombreuses consécrations, est exigeant et difficile à satisfaire. Cette inquiétante régression a vu l'émergence de l'opposition constituée par d'anciens joueurs qui ont mené une guerre d'usure avec le président Hannachi. Ce dernier a tenu bon pendant plusieurs saisons avant qu'il ne soit destitué avec le concours de la rue, cette rue n'ayant pas admis que son club favori rentre dans les rangs. Hannachi écarté, Sadmi lui a succédé comme maître d'?uvre. De bonne foi sans doute, il a été victime de la non-concrétisation du projet de partenariat avec une société italienne. Puis, ce fut un directoire où, apparemment, ce n'est pas l'unanimité. Les dettes faramineuses n'ont rien arrangé, alors que des sociétés censées parrainer la JSK ne se sont pas engagées. Bref, c'est le dysfonctionnement à tous les étages de ce club à nul autre pareil. A la veille de la phase retour, Ait Djoudi et les membres du directoire se démènent comme ils peuvent pour redresser ce bateau qui tangue dangereusement. Ils ont ainsi lancé l'opération recrutement avec des joueurs qui, dit-on, ont l'amour du maillot. A la bonne heure, pourrait-on dire, car ce serait une ébauche du retour vers les «fondamentaux» qui ont accompagné la JSK sur le chemin de la gloire. Du temps béni des duos Khalef-Zywotko et Fergani-Zywotko, les joueurs étaient transcendés par le maillot. Quoi qu'il en soit, il faut espérer que ce club mythique, conserve sa place en Ligue 1. A l'instar d'autres clubs qui se sont partagé les titres et les coupes d'Algérie, la JSK a apporté sa contribution à l'essor du football algérien, par ses consécrations et par ses joueurs internationaux.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : A L
Source : www.lequotidien-oran.com