Oran - Revue de Presse

Journée d’étude pour commémorer l’épopée de l’Emir



Quelques vérités sur la bataille d’El Magtaa Dans le cadre de ses activités scientifiques et culturelles, la section d’Oran de la Fondation Emir Abd-El-Kader organise à la Bibliothèque «Cheïkh Mehdi Bouabdelli» de Béthioua une Journée d’étude nationale sur le thème «l’Emir Abd-El-Kader: Vérités sur la Bataille d’El Magtaa», le jeudi 28 juin 2007. Des conférenciers de compétence confirmée sont invités à intervenir dont Abdesselam Bouchareb ; le Dr Yahyaoui Messaouda, professeur à l’Université d’Alger; le Dr Hassane Sohbi, professeur à l’Université d’Oran et à l’Académie militaire de Tafaraoui; le Dr Hasni Bellil, chercheur à l’institut Maghrébin des Manuscrits. Et entres autres personnalités versées dans le patrimoine historique, Mohammed Boutaleb, président de la Fondation Emir Abd-El-Kader; M’hamed Hadj Yala, ancien ministre; M’Hamed Benredouane, ancien ministre. La bataille d’El Magtaa est l’une des plus cuisantes défaites subies par l’armée française. Nous pouvons affirmer sans risque de nous contredire que c’est à une Armée de Croisade que l’Emir a eu affaire lors de cette bataille du 28 juin 1835. Une armée commandée par un officier de Napoléon (le Général Trézel) a eu à affronter une autre menée par un jeune Algérien issu simplement de Zaouiet-El-Gueithna (située tout près de Oued El-Hammam qui prendra, après le barrage du Fergoug, le nom de Oued El-Habra; celui-ci rencontrera l’Oued Sig et ensemble ils formeront l’Oued El Magtaa lequel, avant de se jeter dans la mer, formera les marécages d’El Magtaa, lieux de la célèbre Bataille). En 17 ans de guerre et 116 batailles livrées contre l’occupant français, l’Emir a eu à affronter plus de 140 généraux, 4 princes et 16 ministres de la Guerre. Dans un discours énergique contre le système suivi jusque-là en Algérie, Thiers a dit en substance ceci, durant la session parlementaire de 1835, après la défaite française d’El Magtaa: «Ce n’est pas de la Colonisation; Ce n’est pas de l’Occupation sur une large échelle; Ce n’est pas de l’Occupation sur une petite échelle. Ce n’est pas la Paix; Ce n’est pas la Guerre. C’est de la guerre mal faite». Abd-El-Kader Ben Mohieddine El-Hassani, alors âgé seulement de 27 ans, a eu à affronter en une mémorable bataille, celle d’El-Magtaa, les troupes du général Trézel. Usant d’une tactique militaire d’un style que ne connaissait pas jusque-là l’adversaire, défiant toutes les stratégies militaires usuellement admises à l’époque, l’Emir infligera aux envahisseurs une mémorable défaite, le 28 juin 1835. Après cette bataille, l’A’âouar (Trézel était borgne) sera remplacé par un autre illustre général, le général d’Arlanges, alors que le général Comte Drouet d’Erlon sera remplacé, lui, par le maréchal Clauzel. Cette valse de généraux prouve l’ampleur du désastre du côté français qui eut lieu d’abord à la forêt de Moulay Ismaïl pour ensuite se terminer dans les fameux marécages d’El Magtaa. C’est la Convention du Figuier, signée le 16 juin 1835, entre les Douaïrs et les Zmouls d’une part et le général Trézel d’autre part qui sera le prélude au déclenchement des hostilités. En apprenant que l’Emir regroupait son armée près de la plaine du Sig (2000 cavaliers et 800 fantassins), Trézel allait commettre la plus grave erreur dans l’histoire des guerres. Le général, sorti d’Oran le 26 juin 1835 à la tête d’une colonne de 2600 hommes d’infanterie en plus d’un régiment de chasseurs d’Afrique lourdement équipés, aura à affronter l’avant-garde de l’Emir dans la dense forêt de Moulay Ismaïl en une attaque frontale et sur les flancs, aussi soudaine qu’efficace (tactique dite de «l’étau par la tenaille») de la part du détachement de reconnaissance des troupes de l’Emir. Ce qui ne devait être qu’une mission de reconnaissance sera en réalité un véritable cauchemar pour la colonne française qui, ébranlée, allait sombrer dans la confusion la plus totale. L’attaque semblant se relâcher, et au lieu de revenir vers Oran (distante de quelque 40 km), les troupes de Trézel reprennent leur marche en avant pour atteindre les rives du Sig vers le coucher du soleil où ils bivouaqueront. Deuxième erreur stratégique de la part de Trézel. L’Emir coupera cette nuit-là les lignes de communications ennemies avec Oran, ce qui empêchera Trézel de tenter une percée et l’obligera à prendre la direction du port d’Arzew. Troisième erreur tactique. Couper droit à travers une région presque impraticable était difficile à entreprendre; il ne restait à Trézel que de contourner les Monts Hamiyyane pour ensuite déboucher dans la Plaine d’Arzew par le défilé de l’Oued Habra qui prendra à cet endroit le nom d’El Magtaa. Comprenant cela, l’Emir enverra 1000 fantassins en croupe derrière 1000 cavaliers occuper les pentes du défilé grâce à son génie militaire qu’il apprit in-situ et non dans les Académies de renom. L’étau en place, la tenaille pouvait entrer en action et diriger les troupes françaises vers les marécages. Le piège avait réussi. La colonne Trézel était décimée. Le 28 juin 1835, tout était fini: Le bilan était lourd des deux côtés. D’après les rapports militaires de l’époque, découverts récemment, les pertes françaises étaient évaluées à près de 1000 morts et quelque 1500 blessés. L’Emir fera en outre de nombreux prisonniers. La Bataille d’El Magtaa avec celle de Sidi Brahim ou la Retraite française de Constantine, entre autres événements marquant la Grande épopée du Fondateur de l’Etat moderne algérien, constitueront pour les envahisseurs français les épisodes les plus douloureux des guerres d’Afrique. Dr Chamyl Boutaleb El-Hassani
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