Oran - Revue de Presse

Intention sincère ou ruse de guerre?



Mardipassé, Abderrachid Boukerzaza, ministre de la Communication et porte-parole dugouvernement, a déclaré au cours de sa conférence de presse « qu'il y anécessité d'élargir le dialogue social ». Le point de vue a été réaffirmé jeudipar son collègue ministre du Travail, Tayeb Louh. L'énoncé concordant duprincipe par les deux membres de l'exécutif laisse a priori supposer que lespouvoirs publics ont évolué dans leur vision du dialogue social et ne seraientde ce fait plus opposés à la participation en son cadre d'autres partenairesque la seule UGTA et les organisations patronales. Et c'est cela précisémentque revendiquent les syndicats autonomes.Dèslors, deux questions se posent à la suite des déclarations de Boukerzaza etLouh. La première étant de savoir si l'exécutif a réellement décidé de changerle fusil d'épaule dans la gestion de ses rapports au monde syndical et, cefaisant, de renoncer à l'avenir à l'exclusion des syndicats autonomes de laparticipation à ce dialogue social. La seconde est qu'il pourrait ne s'agirdans l'évocation faite par les deux ministres de la « nécessité d'élargir laparticipation au dialogue social », que de la recherche par un effet d'annoncede la cassure du front syndical constitué par les syndicats autonomes, dont lespouvoirs publics ont pris la mesure de son potentiel de mobilisationgrandissant.L'ouvertureesquissée par Boukerzaza puis Tayeb Louh intervient à la veille d'un mouvementde grève à enchaînement décidé par les syndicats autonomes, qui s'étalera du 12au 26 février. Elle va certainement faire débat dans et entre les syndicats quiont pris l'initiative de cette action de protestation sociale. Si le premiercas est la véritable intention des autorités, elles doivent alors faire legeste franc et sans ambiguïté de reconnaître à ces acteurs syndicaux le statutde partenaires sociaux à part entière de l'Etat. D'entamer avec eux laconcertation en vue de l'instauration d'un dialogue social où seront mis sur latable de négociation tous les dossiers dont le traitement fait en tête à têtegouvernement-UGTA est la cause de la fronde sociale qu'encadrent les syndicatsautonomes. Lesquels syndicats n'ont pas l'intention de faire baisser la pressionsur la seule vague promesse officielle faite d'un possible élargissement dudialogue social. Tout au contraire, ils vont essayer de faire une véritabledémonstration de force avec les journées de grève programmées.Lacoordination syndicale, qui a choisi d'entamer son mouvement de grève de troisjours à partir du 24 février, date anniversaire de la création de l'UGTA, a enfait deux paris. Le premier de prouver ses capacités de mobilisation et donc sareprésentativité indiscutable.Lesecond de faire de l'ombre à la vieille centrale syndicale, dont c'esttraditionnellement le jour où lui sont réitérées les marques de reconnaissanceofficielles de son statut d'organisation syndicale privilégiée.Ilne fait aucun doute par ailleurs, et quelle que soit la forme que prendra sonintervention à l'occasion de cette journée anniversaire, que le présidentBouteflika ne pourrait faire l'impasse sur un mouvement de grève déclenché encette circonstance. Il n'est pas impossible qu'il lève alors dans un sens ou unautre les ambiguïtés qui entourent les déclarations de mardi et jeudi passés deses deux ministres.
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