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Intellos : wanted ! (II/II)



- Des intellectuels qui vivent dans un système clos ne constituent pas une intelligentsia, quelle que soit par ailleurs la richesse de leurs créations, pas plus que des masses de diplômés de l'Université ne constituent des intellectuels et encore moins une intelligentsia si le savoir accumulé n'a pas d'efficacité dans l'ordre symbolique de la société (Ali El Kenz, 1993).- Le rôle fondamental de tout intellectuel est (...) de représenter, d'incarner, d'exprimer un message, une vision, une position, une philosophie ou une opinion devant et pour le public (Nouara Hocine, 2005).
- C'est un phénomène typiquement algérien : l'intellectuel musulman appartient à toute la communauté (Haddad Malek, 1960).
- Veilleur à la haute tour, intellectuel vigilant, d'une rigueur sans faille, à l'écoute de ce qui est pour lui le pays profond, ré-arpentant sans cesse le passé en un continuel examen critique et scrutant les possibles devenirs (Mostefa Lacheraf, 2012).
- Les intellectuels croient qu'on peut jouer avec les choses comme on joue avec les mots. Les hommes ont perdu la foi. Quand le doute s'installe dans les esprits, il pousse des intellectuels comme des champignons après la pluie (Mouloud Mammeri, 2013).
- A la différence de la guerre de Libération, où les Algériens étaient illettrés mais conscients, aujourd'hui, ils sont lettrés mais inconscients. C'est le pouvoir qui a voulu ça (Younès Merabet, 2014).
- Malgré tout leur bagage de savoir, les intellectuels étaient condamnés à enculer les mouches comme tout le monde. Si, par malheur, ils osaient sortir du rang pour dénoncer ou prouver quoi que ce fût, ils étaient condamnés à l'exil ou disparaissaient «accidentellement» (Ould Abderrahmane Mazouz, 2014).
- Il n'y a pas d'intellectuel sans liberté et il n'y a pas d'engagement possible sans liberté (Slimane Benaïssa, 2014).
- Que ce soit Rachid Mimouni, Kateb Yacine, Mohamed Khadda, moi-même, Issiakhem et tant d'autres, on a tenté de casser les tabous malgré les difficultés et les obstacles rencontrés aussi bien du côté du pouvoir que du côté de la population qui, parfois, rejetait nos idées (Rachid Boudjedra, 2014).
- Il y a trois catégories d'intellectuels : ceux qui servent le pouvoir, ceux qui se dressent résolument contre lui, et ceux qui attendent qui va gagner pour rejoindre ses rangs (Ali Yahia Abdenour, 2014).
- Il ne peut y avoir d'intellectuels/intelligentsias/élites sans conditions préalables de liberté et d'autonomie (Khaled Karim, 2015).
- L'intellectuel est celui qui est capable de penser, même si c'est à contre-courant de l'opinion dominante de la société, et même s'il pense dans la solitude (Tamzali Wassyla, 2016).
- De façon schématique, il existe trois catégories d'intellectuels : les intellectuels honnêtes, engagés dans la lutte pour des idées, les intellectuels «organiques» qui servent sans état d'âme un pouvoir, un régime, un système et la pire des catégories, celle des intellectuels «déférents», ceux qui vendent leur âme au diable. Il y a, aussi, une quatrième catégorie, celle des «intellectuels faussaires» (Abdelhak Bererhi , 2017).
- Le champ intellectuel algérien n'a pas gagné son autonomie et reste redevable de modalités de reconnaissance et de légitimation externes (celles du champ français, d'une part, et arabe, d'autre part) et internes, par l'Etat qui place et qui classe (Aïssa Kadri, 2017).
- Si l'Histoire est un rouleau compresseur, les intellectuels sont les faiseurs de cette Histoire. Par la raison, par la lumière, par la science, ils font bouger les lignes de l'interdit, reculer la zone de l'ignorance et de la peur et élargir le champ de la liberté de pensée (Zaoui Amin, 2018).
- Le problème de nos intellectuels, c'est qu'un grand nombre sont entrés en connivence avec les pouvoirs successifs, en particulier sous l'ère Bouteflika, d'autres sont restés dans un état quasi hypnotique sous son charme manipulateur et quelques rares sont restés alertes. Beaucoup sont devenus les porte-parole du régime dans une forme de suivisme suicidaire (Seddik S. Larkèche, 2019).
- Pour moi, il y a les gens instruits et les intellectuels, dont le nombre est réduit. Ce sont eux qui donnent naissance à des idées et qui luttent pour les mettre en application au péril de leur vie ! Les autres, les instruits, docteurs, professeurs, etc., peuvent accepter des postes gratifiants, mais contraires à leurs convictions. On a vu des écrivains importants accepter de diriger des institutions, peu connues pour leur liberté d'expression, alors qu'ils se réclament faussement du progressisme, voire du marxisme (Merzac Bagtache, 2019).
- L'indigence de la pensée des leaders politiques entraîne, par effet pervers de sublimation du manque, le mépris des intellectuels (savoir) et leur marginalisation (Dourari A., 2020).
- L'intellectuel est le contemporain le plus immédiat non seulement du monde mais surtout de sa société dont il est le premier visionnaire. Bien plus ou bien mieux que les autres, il est celui ou celle qui est capable de voir plus vite et plus loin. Cette faculté l'engage immanquablement à prendre part dans l'histoire (Tayeb Kennouche, 2020).
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