Photo : M. Hacène
Par Smaïl Boughazi
Le secteur public économique tente, ces dernières années, de relever la tête en multipliant les actions et les partenariats avec les entreprises privées algériennes et étrangères. La présence de certaines entités publiques à la troisième édition du Salon international des fournisseurs de produits et services pétroliers, organisée à Hassi Messaoud, la semaine dernière, illustre cette volonté des managers du public d'aller plus loin dans l'action économique. A l'image d'Enie, Sntr, Fondal, ainsi que d'autres entreprises privées. Le salon qui était un concentré de technologies industrielles dans les différents créneaux d'activités a réuni aussi des domaines tels que les énergies nouvelles, la mécanique, les télécommunications, les équipements industriels, la sidérurgie, etc.
La rencontre a permis, outre les projets et les partenariats, de soulever certaines questions liées particulièrement au climat des investissements en Algérie, mais aussi l'impératif de passer de la simple activité commerciale, à la production locale, l'intégration
industrielle et la sous-traitance devenues un mot d'ordre dans le secteur public. Les projets des différentes entreprises confirment aussi les dernières orientations des pouvoirs publics tendant à privilégier les créneaux cités. Ainsi, Enie a exposé durant la manifestation les futurs panneaux photovoltaïques qui seront fabriqués en Algérie à partir de 2014. Le responsable du stand a précisé que ces panneaux seront à la pointe de la technologie et répondront aux normes mondialement admises.
Le Groupe public Fondal qui est rattaché à la SGP Transolb exploite la sous-traitance dans ces différentes facettes.
Ce groupe qui détient trois unités de production travaille actuellement avec les cimenteries publiques et le Groupe Sonatrach dans le cadre d'une convention. Fondal s'apprête aussi à intégrer le réseau de sous-traitance du projet Renault. «On a une fonderie à Oran qui doit être délocalisée à la zone industrielle de Oued Tlilet en vue d'intégrer le réseau de sous-traitance de Renault», nous a révélé la représentante du groupe, laquelle a précisé que cette entreprise a bénéficié d'un plan de restructuration et l'effacement de ses dettes.
Le groupe compte aussi renouveler ses équipements en vue d'intégrer ce projet de construction automobile structurant. Pour Fondal la sous-traitance est devenue un mot d'ordre au niveau du secteur public économique.
Côté structure portuaire, c'est le représentant du port de Djendjen, M. Boubidi Kamel, qui a brossé un tableau des activités du troisième port du pays. Il a parlé notamment du lancement de l'opération d'extension d'un terminal à conteneurs. Il s'agit d'un Hub qui permettra de traiter jusqu'à 2 millions d'EVP équivalent conteneur. C'est aussi un projet qui sera réalisé en partenariat avec DP World. Le port se prépare par ailleurs au lancement du complexe sidérurgique qui sera réalisé avec les Qataris. La structure pourra traiter, selon le même
responsable, jusqu'à 7 millions de tonnes d'acier et de minerai. Le port, selon Boubidi, reçoit actuellement 400 000 véhicules annuellement.
Les entreprises privées tentent aussi de s'adapter au climat économique actuel. Ce que confirme le représentant de Schneider Algérie. Ce dernier a indiqué que le groupe a essayé de fabriquer des disjoncteurs à El Eulma Sétif. Le projet a duré deux ans, c'est un investissement lourd, «mais n'a pas abouti en raison de l'absence d'un partenaire local», regrette notre locuteur. Il estime que le groupe a attribué dans ce cadre des licences localement, mais relève le fait que le privé algérien ne suit pas dans ce domaine. Pour lui, c'est une question de ressources financières et de compétences. Le privé se plaint toujours de ces deux éléments. En outre, Schneider compte se lancer prochainement dans la concrétisation d'une solution qui sera dédiée aux voitures électriques. C'est un projet dans le cadre d'une
intégration industrielle, précise le même responsable. Schneider compte également passer au montage des transformateurs en partenariat avec une entreprise algérienne.
Pour sa part, Eric Patalano représentant de Gofast Algérie, «il y a eu une certaine stagnation dans l'activité économique», cependant tous le monde attend maintenant un redémarrage. Patalano a tenu tout de même à dire que «l'Algérie a un très fort potentiel au niveau économique».
Il y a lieu de noter, enfin, que le salon a réuni quelque 300 entreprises algériennes et étrangères activant dans divers créneaux dont 140 sont étrangères de 26 nationalités. La manifestation a drainé aussi un nombre important de visiteurs estimé à 22 000 professionnels.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S B
Source : www.latribune-online.com