Oran

Indifférence inédite des citoyens



Indifférence inédite des citoyens
Au deuxième jour de la campagne électorale des législatives, aucune effervescence populaire particulière n'est enregistrée à Oran. Les communes visitées ne semblent pas abriter un événement politique aussi important que les législatives. Hormis une poignée de permanences à Oran et dans quelques importantes localités, démographiquement parlant, les électeurs ne se bousculent pas au portillon des adresses partisanes. Oran, Es-Sénia, Kerma, Gdyel, Oued Tlélat, Tafraoui, Boufatis, Benfréha... vivent le même désintéressement des citoyens. L'atmosphère est telle que tout le monde redoute une abstention record.Les citoyens sollicités sont unanimes à s'interroger sur l'utilité d'aller voter. "Le Parlement cautionne toutes les lois de l'Exécutif. En outre, les parlementaires n'ont jamais défendu les pauvres citoyens. Ni sur le pouvoir d'achat, ni sur la retraite, ni sur autre chose", s'indignent des citoyens avisés. Plus grave encore, certains militants de partis non retenus comme candidats sont complètement démobilisés. "À chaque campagne électorale, des permanences poussent comme des champignons le temps d'un mois, puis ferment boutique tout un mandat de cinq ans", s'insurgent des jeunes qui affirment leur refus de voter, avant d'ajouter que "les heureux élus, vous ne les reverrez plus jusqu'au prochain mandat s'ils sont encore candidats".En effet, les électeurs sollicités reprochent aux députés leur absence continue pour écouter et prendre en charge les doléances des citoyens. "C'est comme la campagne des melons et des pastèques. On ouvre des permanences pour vendre du vent", ironise une mère de quatre enfants.Cependant, les candidats des 20 partis en lice de la wilaya d'Oran, qui compte 18 sièges, tentent de mobiliser leurs troupes en axant sur la stabilité du pays et l'engagement pour le changement, mais le pari paraît difficile cette fois-ci. Tous les ingrédients plaident pour une abstention jamais égalée à quelques semaines du scrutin.Outre la cherté de la vie, la crise multidimensionnelle et le chômage galopant, les citoyens ne croient plus aux promesses farfelues et à la bonne parole.Les programmes des candidats sont sommaires et inapplicables. "Les partis ne présentent pas des programmes, mais des constats que tout le monde connaît", souligne un cadre économique. Les meetings seront-ils suffisants pour convaincre les électeurs ' "Je ne crois pas. Cette fois, la coupe est pleine", fait savoir un ex-élu local. "Ni gâteaux secs, ni boissons, ni couscous ne suffiront à drainer les foules. Regardez, toutes les affiches ont été déchirées", insiste un vendeur ambulant de tabac. Les partis tentent la sensibilisation de proximité.Sera-t-elle pour autant payante ' Notons au passage que les moyens financiers semblent faire la différence dans la campagne à travers le nombre des affiches, des permanences, ainsi que de la prise en charge du personnel de campagne.N. B.
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