
Quand au cinéma, l'acteur Harrison Ford, dans le rôle de l'archéologue aventurier Indiana Jones, se trouve aux prises avec des nazis pour récupérer le Saint Graal, on s'amuse formidablement. Aussi loufoque que puisse être un tel scénario, il nous suggère pourtant que l'archéologie et le patrimoine en général peuvent se trouver plongés dans des enjeux brûlants.En 1789, lors de la campagne d'Egypte de Napoléon, un lieutenant français découvrit la Pierre de Rosette, texte gravé en trois écritures qui permit au génialissime Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes. Mais auparavant, la pierre suscita de vives tensions entre la France et l'Angleterre qui l'avait récupérée. Ainsi, ce vestige fut un moment le symbole des rivalités coloniales.En 1912, un paléontologue anglais présenta à la communauté scientifique une mâchoire humaine trouvée à 60 km de Londres et qui, affirmait-il, remontait à un demi-million d'années. Il annonça ainsi la découverte de l'homme de Piltdown qu'il nomma l'Homme de l'Aurore. Ce n'est que 41 ans plus tard que l'on prouva qu'il s'agissait d'un faux fabriqué avec un crâne humain et une mandibule d'orang-outan ! L'escroquerie visait à valider l'européocentrisme et à remettre en cause l'origine africaine de l'humanité.Avant la libération du Vietnam en 1973, des fouilles archéologiques furent menées au nord du pays sous la protection de l'Armée populaire vietnamienne. Etrange occupation quand les bombardiers américains rasaient encore des milliers d'hectares de vie. En fait, il fallait prouver que la civilisation vietnamienne différait de la civilisation chinoise. Et quand eut lieu en 1979 la courte guerre entre les deux pays, au delà de ses raisons géopolitiques, le monde comprit l'enjeu symbolique de ces fouilles.Plus près de nous, l'anéantissement en 2001 des Bouddhas géants de Bamiyan par les talibans afghans, le pillage en 2003 du Musée de Baghdad avec la neutralité complice de l'armée américaine, les dévastations en 2012 du patrimoine à Tombouctou, les destructions en 2015 commises par les Innommables à Palmyre?Le mois dernier, le premier ministre israélien brandissait une pancarte reproduisant un papyrus en écriture hébraïque sur lequel figure le nom de Jérusalem. C'était le jour où l'Assemblée générale de l'Unesco adoptait une résolution sur Jérusalem-Est visant à protéger le patrimoine culturel palestinien. Le papyrus qui porterait sur le transport de jarres de vin daterait du 7e siècle avant J.C. Et alors ' Les spécialistes rappellent que le nom de Jérusalem apparaît huit siècles plus tôt dans une correspondance du pharaon Akhenaton à son vassal de Jérusalem. Et personne à ce jour n'a jamais contesté la vieille existence de cette ville qui se nomme aussi El Qods ! Mais, au delà de sa richesse historique et culturelle, le patrimoine est devenu un outil de communication et même une arme de combat.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ameziane Ferhani
Source : www.elwatan.com