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IMPACT DU CONFINEMENT A ORAN : Les journaliers attendent chaque matin le passage d'un entrepreneur



Ce sont pour la plupart des pères de famille en quête d'emplois temporaires en cette période de pandémie de coronavirus, où l'activité économique est paralysée. Le lieu de concentration de ces travailleurs renseigne bien sur leur dur quotidien. Se regroupant au même endroit, et ce, depuis des années, ces «journaliers» non déclarés à la sécurité sociale acceptent d'accomplir n'importe quelle tâche pour une rémunération, témoigne-t-on, de misère.L'inquiétude principale de ces pères de famille est de ne pas réussir à subvenir aux besoins de leurs ménages, surtout en cette période où la région est soumise à un confinement sanitaire partiel. «Je n'ai pas d'autres alternatives que d'attendre ici le passage d'un entrepreneur ou autre pour décharger une benne de sacs de ciment, de briques, ou autres bricoles moyennant 3500Da qu'on partage entre trois ou quatre ouvriers. Néanmoins, depuis l'apparition de coronavirus, c'est la galère», dit un jeune, les yeux rivés au sol. Une preuve concrète où la pauvreté ronge des pans entiers de la société. Said, 42ans, se joint à la conversation. Ce dernier, père de quatre enfants et habitant la commune d'Aïn Turck, à l'ouest du chef-lieu de wilaya, était man?uvre dans un chantier de construction de logements implanté au nouveau pôle urbain de la ville, jusqu'à ce que la pandémie le prive ainsi que des centaines de travailleurs, de son gagne-pain, au début du mois de mars dernier. «Je travaillais comme man?uvre. Le gérant de l'entreprise de bâtiment qui a décidé de libérer tout le personnel pour cause de la pandémie, n'a même pas daigné verser nos salaires», s'est plaint-t-il, en rappelant que d'autres personnes se trouvent obligées de se déplacer depuis des localités lointaines du chef-lieu de wilaya, dans l'espoir de dénicher un travail. D'autres affirment qu'ils n'ont perçu aucun dinar depuis des semaines, dès lors que les chantiers sont à l'arrêt. Désemparés de ne plus avoir de source de revenus, ces citoyens sont inquiets. Ils ont le sentiment de se retrouver dans une impasse. «Les entreprises de bâtiment, publiques ou privées, sont à l'arrêt. C'est une situation intenable pour beaucoup de modestes citoyens», a-t-on ajouté. Sans revenus et sans épargne, des milliers de travailleurs sont livrés à la détresse sociale. Ne bénéficiant pas, souvent, d'une couverture sociale, ces citoyens pour la plupart des chefs de famille, notamment ceux habitant les localités rurales, sont également privés des aides accordées par les autorités. Depuis le début de la crise sanitaire, seul le mouvement associatif a témoigné d'une solidarité à leur endroit.
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