Oran - A la une

Ils sont plus de 2 millions en Algérie Les handicapés d'Oran dans la misère



Ils sont plus de 2 millions en Algérie                                    Les handicapés d'Oran dans la misère
Une fois de plus, plus de 2 millions de handicapés algériens (personnes aux besoins spécifiques) fêteront leur journée nationale, qui coïncide avec le 14 mars, dans une totale indifférence, car les futurs candidats aux législatives ont élaboré des programmes qui ne soufflent mot sur leur sort.
Une fois de plus, la réalité est amère pour cette frange de la société. 'Une pension mensuelle de 3000 DA pour chaque handicapé est-elle suffisante '
Rien que pour les couches, je dépense 2000 DA/mois. Ajouter à cela, tous les frais de déplacements, de nourriture et de médicaments.
Je n'arrive plus à satisfaire leurs besoins. Quant à leur mère, elle a perdu le goût de la vie il y a longtemps', confie Kaddour S., père de deux handicapés moteurs âgés de 13 et 7 ans. 'Pour les sourds-muets et les non- voyants, c'est le parcours du combattant : Oran compte 5000 aveugles et nous avons recensé 200 000 à l'échelle nationale. La pension est toujours de 3000 DA/mois, mais la totalité des handicapés ne bénéficient pas de cette pension. Nous avons eu la promesse du ministre de tutelle d'augmenter la pension à 6000 DA dès avril 2011, mais rien en vue. Nous demandons la facilitation de l'insertion sociale, à l'emploi, le droit au logement et la réalisation d'écoles pour le programme du secondaire, sans oublier la dotation des centres spécialisés en matériels adéquats. Pour l'université le non-voyant se débrouille', déclare Lahouali Mohamed, président de l'association des aveugles de la wilaya d'Oran, avant de poursuivre : 'Figurez-vous que 100 pères de famille non voyants ont été mis à la porte de la seule unité de fabrication de brosses (balais) d'Oran qui emploie des aveugles. L'entreprise a mis la clef sous le paillasson. Nous venons juste de recevoir une lettre des domaines nous informant que l'infrastructure sera transformée en Samu social, c'est-à-dire pour les SDF, alors qu'elle revient de droit aux aveugles qui ont passé leur vie à fabriquer des brosses.'
À noter que 258 centres spécialisés sont gérés par les autorités publiques et 119 autres par des associations subventionnées par l'Etat. Cependant, l'environnement complique la tâche aux handicapés.
Les trottoirs, les espaces publics, les administrations ne sont pas aménagés pour faciliter l'accès aux personnes aux besoins spécifiques.
Cet état de fait rend la mobilité difficile : 'Nous trouvons énormément de difficultés à nous déplacer. Même la carte ETO de transport public gratuit met une année pour être délivrée. Oui, nous voulons juste un travail et un toit comme tout le monde. Nous ne sommes pas nés pour devenir des mendiants ou des SDF. On nous oblige à faire la manche', s'indigne un non-voyant qui a frappé à toutes les portes pour un travail décent, mais les recruteurs piétinent la loi qui exige qu'un pour cent de l'effectif soit réservé aux handicapés.
N B
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)