Oran - A la une

Ils revendiquent le droit à une promotion depuis les années 90



Ils revendiquent le droit à une promotion depuis les années 90
De nombreux enseignants du cycle primaire issus de l'ex-ENSEP ont organisé hier un rassemblement de protestation devant le siège de l'académie pour exiger leur promotion dans les échelons supérieurs. Selon les protestataires, ils sont plus d'une soixantaine d'enseignants à attendre une hypothétique promotion dans les catégories 12 et 14 depuis maintenant plus d'une décennie. Malgré les nombreuses actions de protestation et les incessants déplacements vers la direction de l'éducation de la wilaya d'Oran et le ministère de tutelle, la situation n'a pas bougé d'un iota. Selon les représentants des enseignants, la sourde oreille face aux revendications légitimes de ces enseignants renseigne sur la marginalisation de cette frange qui n'a pas hésité à braver les menaces terroristes et à faire face à toutes les difficultés pour assurer la scolarisation de centaines d'enfants à travers le territoire de la wilaya. Nos interlocuteurs signalent qu'ils ont été recrutés en tant qu'enseignants dans le primaire entre les années 91 et 99. « A l'issue de notre cursus, nous avons obtenu nos licences et avons été recrutés en tant qu'enseignants dans le cycle primaire en attendant l'ouverture de nouveau postes dans le cycle moyen. Vu la crise que traversait le pays à l'époque, nous avons accepté cette mission en attendant l'ouverture de nouveaux postes budgétaires dans le cycle moyen, malheureusement cette attente dure maintenant depuis plus de vingt années », assurent les enseignants qui signalent au passage qu'ils ont été titularisés entre les années 2000 et 2002 dans la catégorie 10. « Après plusieurs démarches entreprises par les enseignants eux-mêmes auprès du ministère, nous avons réussi à obtenir une promotion dans la catégorie 11 en 2008, et depuis ce temps là, les choses n'ont pas bougé contrairement à nos collègues d'autres wilaya qui, eux, ont été promus depuis juin 2012 dans les catégories 12 et 14 en application du décret 08-315 du 11 octobre 2008 portant statut particulier des fonctionnaires appartenant au corps spécifiques de l'Education nationale », soulignent les mêmes sources qui dénoncent cette politique de deux poids deux mesures. « On est en droit de se demander pourquoi ce décret est appliqué dans d'autres wilaya et pas à Oran. En guise de réponse à nos interrogations, on nous a signifié à la direction de l'éducation que nous ne disposons pas d'un diplôme de spécialité ». Aujourd'hui, les concernés se trouvent en fait otages d'un double imbroglio administratif. Ils sont, en effet, ballottés entre le ministère de l ?Education nationale et l ?inspection générale de la Fonction publique. Cette situation a eu de fâcheuses conséquences sur les concernés qui, outre le stress permanent, on tété exclus de toutes les promotions. Les enseignants qui se sont voués corps et âme au service de l'éducation dénoncent leur marginalisation injuste par la tutelle. Une marginalisation d'autant plus manifeste que des textes leur accordant le droit à la promotion existent depuis 2008, mais ne sont pas mis en pratique. « Nous avons cru que nos malheurs prendront fin après la promulgation du décret exécutif n°315-08 du 11octobre 2008 portant statut particulier des travailleurs de l ?Education nationale. Mais, malheureusement, nous avons été superbement ignorés par la tutelle. Nous répondons pourtant à tous les critères exigés (diplôme, expérience professionnelle etc. pour notre promotion dans les grades contenus dans le nouveau statut », ajoutent nos interlocuteurs. Pour conclure, les enseignants affirment qu'il y a quelques jours une délégation s'est déplacée au ministère pour exposer le cas des enseignants d'Oran. « Le SG du ministère nous a indiqué qu'il s'agissait d'un problème financier rejetant la pierre sur la Fonction publique qui, de son côté, a assuré que le règlement de ce problème n'était pas de son ressort mais qu'il dépendait directement du ministère de l'Education. Depuis, nous sommes ballottés entre la tutelle et la Fonction publique ne sachant à quel saint nous vouer. En attendant le bon vouloir des décideurs, nous continuons à broyer du noir », concluent les enseignants.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)