Résumé de la 2e partie - Mahieddine, choisi comme chef de l'insurrection, marcha avec ses troupes d'abord contre la garnison turque de Mascara, qu'il massacra sans pitié, puis il combattit courageusement les Français sous les murs d'Oran avec son fils, Abdelkader.
La soumission d'Ibrahim, bey de Mostaganem, accéléra le processus d'unification des tribus locales : une assemblée générale des chefs se réunit pour procéder à l'élection d'un sultan le 21 novembre 1832 dans la plaine de Ghris, à Ersebia. Il fut question de nommer Mahieddine, mais il dit que le marabout Sidi El-Atrrach était plus digne que lui d'un si grand honneur.
Le conseil se retira pour se réunir le lendemain. D'après la légende populaire, Sidi El-Atrrach, tout juste arrivé, aurait déclaré en levant les mains au ciel : «Frères, cette nuit, le célèbre marabout Mahi Abdelkader m'est apparu au milieu de sa gloire, et m'a dit : ''Sidi El-Atrrach, retiens bien ces paroles d'où dépend le salut de notre race. Je ne connais qu'un seul homme qui, par ses vertus, son courage et son intelligence, soit digne de commander aux Arabes : c'est Abdelkader, troisième fils de Mahieddine. Je t'ordonne donc de répéter demain au conseil ce que tu viens d'entendre. Allah et Son Prophète s'intéressent à la cause de ses enfants et veulent qu'elle triomphe''.»
Et Mahieddine d'ajouter : «J'ai entendu les mêmes paroles que Sidi El-Atrrach et j'ai reçu les mêmes ordres, mais je mourrai dans l'année qui suivra l'avènement de mon fils. Telle est la prophétie de mon aïeul.» A partir de 1832, le titre de sultan fut donc accordé à Abdelkader qui préféra celui plus modeste, d'Emir : les chefs s'inclinèrent et lui présentèrent le burnous violet. Le nouveau sultan se mit à son tour à prêcher la guerre sainte. Après que la bataille de La Macta eut consolidé sa puissance, il songea à se créer une force militaire permanente. Voyant l'armée française composée en grande partie d'infanterie, il se forma un corps de cavalerie qui put attaquer, poursuivre ou éviter un combat inégal. Ce premier corps ne comptait d'abord que 400 hommes. Pour entretenir des bataillons réguliers, il leva des taxes sur les marchandises et des impôts, puis il fit bâtir des magasins de vivres, d'armes et de munitions. Les premiers coups de main contre les Français, dans l'ouest de l'Algérie, l'opposèrent au général Louis Alexis Desmichels, gouverneur de la province d'Oran, indépendant du général en chef. En mai 1833, les Français remportèrent plusieurs victoires sur Abd El-Kader, et Desmichels s'empara de Mostaganem. L'Emir, indigné de voir les Musulmans venir approvisionner les marchés français, fit enlever le chef d'Arzew qui venait de se soumettre, et le conduisit à Mascara où il fut condamné à mort. Au mois d'octobre de la même année, ses troupes attaquèrent l'escorte de la commission d'Afrique, forte de 1 800 hommes, mais furent battues près d'Aïn El-Beïda. (A suivre...)
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ferhat A
Source : www.infosoir.com