70 Algériens rapatriés depuis Damas
Hier matin, sur le vol Djedda-Damas-Oran, 70 ressortissants algériens sont arrivés du Liban via Damas. Ils font partie des rescapés d’une guerre injuste menée par Israël contre le Liban. Ce premier «convoi» a atterri à l’aéroport d’Es Sénia.
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La joie de ces Algériens, au moment où ils foulèrent le sol national, était accompagnée d’une grande mélancolie et pensée émue pour tous ceux qui sont restés là-bas, à la merci des bombardements israéliens. Certaines de ces familles ont perdu tout ce qu’elles possédaient, jusqu’à leur maison. C’est le cas de la famille Bazzi que nous avons rencontrée, hier, à l’aéroport international d’Es-Senia.
Cette famille, composée d’une mère algérienne et d’un père libanais, vit au Liban depuis les années 80. Les quatre enfants que compte cette famille sont nés dans ce pays. Une des filles Bazzi dira: «notre maison ainsi que le cabinet médical de notre père se sont écroulés sous les bombardements. Nous avons vécu un cauchemar, nous revenons de très loin et c’est presque une aubaine de se retrouver vivant et en Algérie». Narrant ce qu’ils ont vécu ces derniers jours, la maman Bazzi dira, avec une grande émotion, que « c’est le cataclysme au Liban. Les bombardements ne cessent pas, on n’entend pas la bombe venir. On voit tout juste les immeubles s’écrouler tels des châteaux de cartes, à telle enseigne que les gens n’ont même pas le temps de fuir. Des milliers de personnes sont ensevelies sous les décombres des immeubles. Nul n’est épargné dans les quartiers musulmans même les ambulances et les abris sont ciblés par les bombardements».
Elle continuera, avec une émotion cer-taine, que «les chiens et chats se nourrissent des cadavres humains. Une odeur de mort règne sur le Liban que nous venons de quitter, la mort dans l’âme, en priant pour ce pays et pour tous les gens qui n’ont pas pu le quitter. Nos amis de toutes nationalités ainsi que des ressortissants algériens y sont toujours». Notre interlocutrice affirmera que nombreuses sont les familles algériennes qu’elle connaissait et dont elle n’a pas eu de nouvelles depuis le commencement des bombardements». Toujours à propos des bombardements, l’un des fils Bazzi dira que «le Liban s’est transformé en champ d’expérience d’un nouvel armement. Des bombes au laser et d’autres dites «intelligentes» dégageant des gaz toxiques ont été utilisées». Une autre rescapée, Leïla Semati, une Algérienne vivant depuis 23 ans au Liban, dira que «ce que nous avons eu à vivre ces derniers temps dépasse l’entendement. J’ai vécu les 15 ans de guerre civile au Liban, mais celle-ci est plus cruelle. Cette guerre est menée contre les musulmans, puisque seuls nos quartiers sont ciblés par les bombardements. Les quartiers chrétiens et des autres religions sont épargnés». Les enfants sont certainement ceux qui porteront les séquelles psychologiques à vie de cette guerre. Ils sont sous le choc des bombardements. C’est le cas de la petite Araissia, âgée de cinq ans, la fillette sursautait et se mettait à pleurer en se collant à sa mère Lilia au moindre bruit de bagage. Lilia venue du Liban pour se rendre chez sa famille à Annaba, nous raconte que cela fait quatre mois qu’elle est au Liban. «La situation est très difficile au Liban, au spectre de la mort qui règne s’ajoute celui de la famine. Les gens ne trouvent plus quoi manger. Même l’eau se fait de plus en plus rare. Quant aux médicaments, c’est carrément la pénurie». Lilia affirmera que les camps sont remplis de personnes de toutes nationalités, même les Libanais s’y sont réfugiés, puisque c’est les seuls endroits, qui seraient épargnés par les bombardements». Sur ce dernier point, Lilia dira qu’elle n’a pas trop confiance en cette déclaration puisqu’on ne peut jamais se fier aux Israéliens». Il est à souligner que tous les rescapés que nous avons eu à rencontrer ont loué l’intervention des membres de l’ambassade d’Algérie au Liban et en Syrie. Ils ont tenu à présenter leurs vifs remerciements au président de la République et aux éléments de ces deux ambassades à leur tête leur excellence les ambassadeurs qui ont veillé personnellement au bien-être des ressortissants algériens en leur apportant assistance dans les camps par la suite au niveau de l’ambassade et ensuite dans les cars qui les ont menés en Syrie où une autre équipe les attendait pour assurer leur évacuation en Algérie. «La prise en charge que nous a réservée notre ambassade est exemplaire. Des pays européens n’ont pas prêté autant d’égards à leurs ressortissants», ont souligné des familles algériennes revenues du Liban. Il faut savoir que la prise en charge de ces familles ne s’arrêtera que lorsqu’elles arriveront chez leurs familles. En fait, les familles qui habitent en dehors de la wilaya d’Oran ont été assurées d’une billetterie d’avion pour arriver chez les leurs.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com