Les autorités palestiniennes de France ont réagi avec une célérité en condamnant 'avec la plus grande fermeté l'odieux attentat perpétré à Toulouse contre un établissement scolaire juif', dont l'auteur se réclame d'Al-Qaïda et prétend avoir voulu venger des enfants palestiniens. 'L'OLP, l'Autorité palestinienne, la Mission de Palestine en France et la Délégation permanente de la Palestine auprès de l'Unesco condamnent avec la plus grande fermeté l'odieux attentat', qui a coûté la vie à trois enfants et un enseignant, souligne un communiqué. 'Tous les crimes racistes sont des atteintes à l'humanité en général et à la République en particulier', ajoute le communiqué, qui met en garde contre 'toute instrumentalisation de ces forfaits', relève que l'auteur de la tuerie a aussi abattu de sang froid des soldats d'origine maghrébine et exprime la solidarité des Palestiniens avec les familles des victimes avec lesquelles, assure-t-il, ils partagent 'leur douleur et leur deuil'.
De son côté, le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a énergiquement réagi. 'Il est temps que ces criminels arrêtent de revendiquer leurs actes terroristes au nom de la Palestine et de prétendre défendre la cause de ses enfants, qui ne demandent qu'une vie décente, pour eux-mêmes et tous les enfants du monde', a-t-il déclaré dans un communiqué rendu public par ses services. Sa réaction exprime, on ne peut mieux, l'exaspération de l'Autorité et du peuple palestiniens dont le combat et la cause sont régulièrement pris en otage par des organisations intégristes qui ne les évoquent que pour tenter de donner un sens à leurs actes et à leurs desseins criminels. C'est dire l'urgence de trouver une solution juste et durable au calvaire que vit le peuple palestinien depuis six décennies, solution qui mettrait fin à un grave déni de justice mais qui priverait aussi tous ces prophètes de l'apocalypse d'un fonds de commerce permanent et d'un alibi toujours à portée de main. Les musulmans de France, à travers leurs organisations et leurs représentants, ont réagi tout aussi vivement, déplorant que des criminels sanguinaires se réclament de l'islam ou invoquent la cause palestinienne.
Le drame de Toulouse a suscité l'émotion en France, mais aussi une résonnance internationale. Du secrétaire général de l'ONU au Vatican, en passant par la Maison-Blanche et les autorités européennes de Bruxelles, la condamnation est unanime et les mises en garde aussi. En effet, le drame est intervenu dans un moment particulier de la vie politique française, s'agissant d'une période électorale cruciale, à l'issue de laquelle sera élu le prochain président de la République. Caractérisée par une 'droitisation' de la campagne du candidat sortant et par une percée annoncée de la candidate de l'extrême droite, la tentation de cultiver encore une fois les amalgames, l'origine algérienne du tueur étant établie, pourrait se faire jour chez certains prétendants à l'Elysée ou chez leurs lieutenants. Ce serait alors le plus mauvais service à rendre aux victimes et à leur mémoire.
M. A. B
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M A Boumendil
Source : www.liberte-algerie.com