Si les augmentations des pensions de retraite, dont notamment celle de 40%
que se propose de défendre le SG de l'UGTA Sidi Saïd
auprès des plus hautes autorités du pays, suscitent l'adhésion de l'ensemble
des retraités, les plus anciens d'entre eux déclarent également l'apprécier «mais
à sa juste valeur», disent-ils.
Selon eux, «si les réclamations pour de plus importantes revalorisations
des pensions sont légitimes et se passent de commentaires, tous les feux
braqués sur ce seul aspect comportent le risque d'occulter les choses en
donnant le sentiment que les problèmes des retraités se résument à ces
augmentations».
En vérité, poursuivent-ils, «le risque est grand pour que les autres
revendications, plus légitimes encore, soient passées à la trappe de l'oubli, comme
la question de l'actualisation des pensions de retraite, instituée par la loi 83-12
du 02 juillet 1983, que nous cessons de réclamer». En effet, ce texte de loi
stipule en son article 43 que «les pensions liquidées ou à liquider doivent
suivre l'évolution du point indiciaire des travailleurs en activité». Et de
poursuivre que «cette loi a fini par être appliquée à partir de 2003, mais de façon
injuste, car n'ont été concernées que les retraites liquidées à partir de 1996,
excluant ainsi de fait tous les retraités partis avant cette date et qui n‘ont
pas bénéficié de la nécessité de l'alignement de leurs pensions sur l'évolution
du point indiciaire des travailleurs en activité. Nous ne comprenons pas
pourquoi et nous ne cessons de nous interroger sur ses tenants et aboutissants
de cette affaire».
Nos interlocuteurs soulignent que «la catégorie de retraités qui a
bénéficié de l'application de la loi en question se trouve être celle qui est
la plus jeune et la mieux payée (les niveaux des pensions étant plus élevés), alors
que la nôtre est celle des plus anciens et des moins payés». Et de citer à
titre d'exemple que des femmes de ménage sorties après 96 ont une meilleure
pension qu'un cadre supérieur sorti en 94. «Cela fait maintenant 8 ans, depuis
le début d'application de façon discriminatoire de l'article 43 de la loi 82-12,
et combien d'entre nous sont morts sans avoir pu profiter de tous leurs droits,
pourtant prescrits par la législation du pays pour cause d'un régime de
retraite on ne peut plus inique. Figurez-vous que dans notre cas, on a beau
être cadre d'entreprise ou même directeur, le montant de notre pension n'égale
pas celui d'un planton ou d'une femme de ménage partie à la retraite plus
récemment», s'indigne un ancien cadre retraité.
Questionné sur ce sujet, un responsable local de la fédération des
retraités, Saci S., précise que le problème n'a pas été occulté et figure
toujours parmi les revendications de la
FNTR, qui ne cesse de réclamer l'application de la loi à tous
sans distinction. D'autant plus, dira-t-il, qu'il ne s'agit pas d'une nouvelle
revendication, mais de la simple application d'une loi qui a touché jusqu'à
maintenant certains mais pas d'autres et qu'il y a lieu de l'étendre à tous les
lésés exclus. «Le dossier est chez la
FNTR et celle-ci ne cesse de le suivre pour réclamer son
application par la caisse des retraites», conclut notre interlocuteur.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A El Abci
Source : www.lequotidien-oran.com