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Il y a 25 ans, Abdelkader.. Alloula Une fin dramatique pour le dramaturge



Il y a 25 ans, l'homme de théâtre, Abdelkader Alloula, était assassiné par les terroristes du GIA, au théâtre régional d'Oran (TRO). Personne ne s'attendait à cette fin dramatique au fin dramaturge.On est le 10 mars 1994. Au 27e jour du ramadhan à 21 heures, alors qu'il sortait de chez lui pour se rendre au palais de la culture, à Oran, où il devait donner une conférence sur son expérience dans le théâtre, les sanguinaires du GIA tirent sur l'homme qui sortait d'une conférence sur le théâtre, qu'il venait de donner au Théâtre régional d'Oran, qui porte aujourd'hui son nom. Quatre jours après, l'artiste est mort à l'hôpital du Val de grâce, à Paris. Ses voisins d'Oran et tous les artistes qui l'ont côtoyé n'oublient pas cet homme, qui a continué à monter des pièces de théâtre, alors que la mort le guettait à tout moment.
Il pensait aux enfants
Les enfants atteints de cancer gardent en mémoire l'image de cet homme, qui leur rendait régulièrement visite pour leur offrir son beau sourire, ses belles paroles et ses cadeaux. Cet homme, ce militant qui pouvait quitter le pays pour sauver sa vie, avait choisi d'y rester pour continuer sa mission face aux criminels intégristes qui le guettaient tous les jours, et qui tenaient à faire taire tous les intellectuels, hommes de culture et artistes. Ceux qui l'ont vu sur scène pensent toujours à cet homme de théâtre, qui a su mettre à la page le théâtre algérien qui se jouait dans les places publiques, tout en sachant user de la vraie langue du théâtre.
Comédien, metteur en scène, auteur et adaptateur, Alloula était parmi ces hommes qui pouvaient et voulaient apporter quelque chose au théâtre, en mettant leur touche. Il a mis à profit ses expériences et celles de ceux qui l'ont précédé, tels que Abderrahmane Kaki, pour donner une nouvelle vie au théâtre algérien. Alors qu'il a fait partie pour la première fois, d'une troupe de théâtre amateur en 1956, en 1962, il se retrouve à Alger aux côtés de Mustapha Kateb, dans la troupe du Théâtre national algérien (TNA), en tant que comédien. A l'opéra d'Alger (TNA), il fera partie d'une équipe exceptionnelle, avec notamment les metteurs en scène, Mustapha Kateb, Allal El Mouhib et Hadj Omar. Il vivra avec eux les années d'or du théâtre algérien.
L'Ecriture
L'occasion lui est alors donnée, quelques années après, pour se mettre à la mise en scène. En 1969, il écrit et met en scène sa véritable première pièce, Laâlag (Les sangsues). En 1972, il se retrouve à la tête du théâtre régional d'Oran (TRO), avant d'être nommé directeur du TNA en 1976. Des son retour à Alger, il fera un travail colossal pour faire sortir le TNA de certains problèmes, notamment financiers dont il souffrait. Il arrivera même à augmenter le salaire des travailleurs. Son dynamisme et ses idées mèneront la tutelle de l'époque, à mettre fin à ses fonctions quelques mois plus tard. L'homme de théâtre qui n'arrive pas à concrétiser ses rêves passera même une période de chômage, avant de retourner au théâtre d'Oran.
Le savoir- faire
On est au début de 1980, et la machine Alloula commencera à donner ses résultats. Ledjoued et Ellithem, trois pièces, trois expériences, trois succès. Alloula est désormais partout, et les algériens revoient le véritable théâtre dans lequel ils se retrouvent. Il faut rappeler que Alloula est l'homme qui, dans l'écriture, le jeu ou la mise en scène, aimait tenter des expériences. C'est ainsi qu'il avait joué Le journal d'un fou, de Gogol. Alloula ne cessait de créer et travailler pour le théâtre auquel il a consacré sa vie. Alloula était à la fois auteur, comédien et metteur en scène. Alloula avait des idées. Et parce qu'il avait justement des idées et voulait faire du bien à tous les citoyens, dont les enfants cancéreux, les criminels du Groupe Islamique Armé (GIA) ont décidé de mettre fin à son parcours. L'homme est parti, mais son nom et son ?uvre resteront pour toujours.
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