Oran - A la une

«Il ne faut pas laisser le pétrole nous trahir encore une fois» Ahmed Ouyahia à Oran



«Il ne faut pas laisser le pétrole nous trahir encore une fois»                                    Ahmed Ouyahia à Oran
En campagne électorale hier à Oran (salle Essaâda), Ahmed Ouyahia, secrétaire général du RND, a cité (une seule fois) le président de la République.
C'était pour le remercier pour les réalisations initiées sous sa présidence. Mais il a remercié par la même occasion Hassi Messaoud, Hassi Berkane, etc., sous-entendant la manne hydrocarbure qui assure 97% des revenus en devises. L'économie est le souci majeur de l'ancien Premier ministre, qui ne cesse de réitérer ses attaques contre le système de l'«import-import». «On assiste tous les jours au débarquement de containers de chocolat' et de voitures, si le marché est si florissant, pourquoi ne pas construire des usines ici '», s'est-il interrogé, notamment pour le cas des véhicules dont l'augmentation du nombre a été telle qu'il faut, en plus, «importer du pétrole en produits raffinés».
«Il ne faut pas laisser le pétrole nous trahir encore une fois», a-t-il dit en faisant référence à la chute des prix dans les années 1980 qui avait poussé l'Algérie à accepter le plan d'ajustement structurel ayant abouti à la déstructuration du tissu productif national. Pour illustrer ses propos, il évoque le chiffre de 50 milliards de dollars représentant la facture d'importation de produits divers, à laquelle il faut ajouter 10 milliards pour les services.
Cette introduction axée sur la nécessité de réduire la dépendance du pétrole n'est pas fortuite car, selon la vision développée face à l'assistance, les élus locaux auront plus que jamais un rôle prépondérant à jouer pour rendre leurs localités attractives sur le plan de l'investissement. Ahmed Ouyahia suggère aux futurs élus de ne pas rester dans des logiques partisanes pour privilégier des actions concertées entre les assemblées, mais aussi avec l'administration locale et, par extension, centrale. Selon lui, les collectivités locales auront plus de moyens fiscaux à l'avenir grâce à une nouvelle loi en préparation par l'administration des finances.
Parmi les réalisations des dernières années en faveur de la population, M. Ouyahia évoque l'effort consenti dans le domaine du logement, mais il tempère : «Nous avons des sociétés étrangères qui viennent construire en Algérie. C'est bien pour le secteur. Mais je le dis avec regret car j'aurais voulu que ce soient des nationaux qui en profitent.» Le logement est l'un des aspects donné en exemple pour retracer les initiatives prises depuis l'indépendance. Pour lui, si les célébrations du cinquantenaire de l'indépendance sont étalées sur toute l'année (juillet 2012-juillet 2013), c'est pour mieux expliquer les principes sur lesquels est fondée la nation algérienne et qui sont basés avant tout sur la justice sociale.
«C'est en tout cas le principe de l'Etat, même si dans la réalité on sait qu'il y a des personnes qui ont profité (kafzou) dans la légalité mais d'autres ont usé de procédés douteux pour s'enrichir.» «Avec nos listes, nous allons nous présenter devant les citoyens sans honte», a-t-il encore déclaré pour mettre en avant les trois qualités que doivent intégrer les futurs élus de son parti : l'honnêteté, la solidarité et le respect de la légalité. Avec des mots à peine voilés, il s'érige aussi contre les candidats riches qui distribuent leur argent sous forme de charité mais à des fins électorales.
«Ceux-là ne vont évidemment jamais financer un projet public d'intérêt général», prévient-il pour ensuite suggérer aux élus de s'impliquer davantage dans le maintien de l'ordre en s'occupant effectivement des problèmes de la population. Son constat est que si l'Algérie n'a pas succombé aux sirènes du courant vert (islamisme politique), le courant nationaliste l'ayant remporté, selon lui, avec des «urnes transparentes», il n'en demeure pas moins qu'il faut éteindre le feu des nombreuses émeutes qui éclatent çà et là (mauvaise distribution de logements, mauvais état des routes, etc.) en sachant répondre aux attentes citoyennes.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)