
Parmi les causes du retard, un spécialiste pointe du doigt le problème de l'application de la réglementation technique.L'efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment n'avance pas au rythme souhaité, dans le pays. En est en cause la réglementation thermique (RT). Zidane Abderrahmane, représentant du pôle de promotion de l'éco-construction d'Oran, présent au séminaire sur l'efficacité énergétique, organisé, hier, par l'Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l'utilisation de l'énergie (Aprue) à l'Ecole supérieure des affaires (l'ESA), a expliqué que cette législation pose problème sur le terrain de l'application.Il ajoute qu'il n'existe pas aujourd'hui des bâtiments référentiels devant servir de modèle en matière de construction écologique. Nous ne savons pas, dit-il, quel est l'organe compétent et habilité à faire respecter la réglementation thermique. Hamid Afra, cadre au Centre national d'études et de recherches intégrées du bâtiment (Cnerib), n'est pas tout à fait de cet avis, estimant que le débat autour de l'efficacité énergétique se pose en d'autres termes. Et de relever que nos bureaux d'études ne disposent pas aujourd'hui de ressources humaines leur permettant de mener des études exhaustives relatives à l'isolation thermique et à d'autres procédés.Hamid Afra indique que nos universités ne forment pas actuellement de thermiciens. Une fois qu'on aura une ressource humaine formée aux procédés écologiques, on pourra mettre en application la RT, a-t-il résumé. Pourtant, sur le papier, l'Algérie affiche de grosses ambitions en ce qui concerne l'efficacité énergétique, comme l'ont rappelé les différents panélistes lors de cette rencontre.Le pays s'est engagé dans cette politique à la fin des années 80, en mettant en place une agence de maîtrise de l'énergie et en promulguant une loi sur la maîtrise de l'énergie. En théorie, cette réglementation aura permis de définir les outils nécessaires au développement et à la promotion de l'efficacité énergétique à travers, entre autres, l'élaboration d'un programme national de maîtrise de l'énergie et l'instauration d'un fonds pour le financement de ce programme et de toutes les activités relatives à la maîtrise de l'énergie.Pour l'instant, trois principaux programmes de petite et moyenne taille ont vu le jour. Ils ont vocation à renforcer les capacités des différents intervenants (maîtres d'ouvrages, ingénieurs, architectes, bureau d'études, etc.) pour une réelle prise en charge de l'efficacité énergétique dans tout les secteurs d'activité : bâtiment, industrie, transport, agriculture. Les projets développés dans le secteur du bâtiment ont touché les aspects liés à l'isolation de l'enveloppe (logements neufs ou en rénovation) et la promotion des équipements efficaces et sobres, notamment l'éclairage performant, les chauffe-eau solaires et les appareils électroménagers performants.Ces programmes ne sont pas figés, mais évoluent dans le temps. Ils ont été, ces dernières années, affinés. Le nouveau programme d'efficacité énergétique à l'horizon 2030 s'intéresse à l'ensemble des secteurs de consommation qui ont un impact significatif sur la demande d'énergie. Il vise globalement la réduction de la consommation à travers la substitution interénergétique et l'introduction des équipements et des technologies performantes.La mise en ?uvre de ce programme permettrait de générer une économie d'énergie cumulée de l'ordre de 63 millions de tep. Fatma-Zohra Cherfi, secrétaire générale au ministère de l'Energie, a avancé hier que ce programme nécessitera un budget conséquent de 900 milliards de dinars dont 54% seront supportés par l'Etat.Et elle a ajouté que pour la mise en ?uvre de la première tranche annuelle de ce programme, l'Etat a mis sur la table cinq milliards de dinars. Youcef Salami
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Salami Youcef
Source : www.liberte-algerie.com