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« Il faut plusieurs partenaires pour vaincre le crime » Ahcène Oubad commissaire chargé d'études et de synthèses au service de recherche et de l'analyse criminelle



« Il faut plusieurs partenaires pour vaincre le crime »                                    Ahcène Oubad commissaire chargé d'études et de synthèses au service de recherche et de l'analyse criminelle
Il y a quelques années, on n'entendait pas souvent parler des actes de crimes commis çà et là. Mais avec le temps, la presse ne cesse de publier des informations relatives aux homicides volontaires ou non. Pour une dose de drogue on tue, pour quelques dinars on tue, à tel point que le crime s'est banalisé. Comment cet acte est perçu par le service de recherche et de l'analyse criminelle ' Le commissaire Ahcène Oubad, chargé d'études et de synthèses au sein de ce même service, nous livre son point de vue.
Pour vous, y a-t-il recrudescence de la criminalité en Algérie. Si oui, pourquoi '
Le taux de criminalité enregistré par la police est toujours en hausse en témoignent les opérations coup-de-poing menées sur le terrain dans les quartiers dits « chauds ». En outre, la société civile a pris conscience de l'ampleur du phénomène et s'est habituée à déposer plainte. En plus de cela, la police a investi le terrain. Conséquence : les citoyens n'ont plus peur d'aller au commissariat du quartier pour déposer plainte puisque la confiance est rétablie entre eux et les hommes en tenue bleue. Autre chose, il y a la police de proximité qui fait un excellent travail et le taux d'élucidation des meurtres est en hausse.
Justement, cette police a-t-elle prouvé son efficacité sur le terrain '
Bien sûr, et dans notre politique on va se rapprocher davantage du citoyen avec la multiplication de cellules de proximité. D'ailleurs, le séminaire organisé récemment par la police sur la lutte contre la criminalité avait pour objectifs d'encourager la société civile, les associations à travailler en étroite collaboration avec la police pour décortiquer le phénomène de la criminalité et trouver les solutions idoines pour prévenir le crime dans les milieux urbains. Dans ce sillage, le haut commandement de la police a toujours instruit les policiers de prendre des mesures strictes pour traiter avec célérité les affaires criminelles.
La formation des policiers et les experts en criminologie a-t-elle suivi '
Bien entendu. La DGSN accorde une importance capitale à la formation et à la modernisation des techniques de travail. La formation continue est spécifique, notamment aux nouvelles techniques avec la collaboration de la société civile. Vous le savez très bien, comme le dit un adage populaire : une seule main n'applaudit pas. Donc, il faut plusieurs partenaires pour vaincre le crime.
Est-ce que la police algérienne dispose des moyens pour élucider les crimes comme on le voit souvent dans les séries américaines '
La police scientifique a résolu beaucoup d'affaires grâce à l'analyse de l'ADN, le système Afis, Ibis. On récolte tous les indices sur la scène du crime. Il s'agit d'indices biologiques (cheveux, sang, salive sur les mégots) ; des indices physiques (douille, bris de verre et les indices numériques qu'on prend sur les clés USB et les disques durs. On procède à l'expertise au niveau du laboratoire central scientifique ainsi que les deux laboratoires régionaux (Constantine et Oran).
A votre avis, qu'est-ce qui pousse au crime en Algérie et quels sont vos plans d'action '
A l'échelle mondiale, on parle de stratégie de planification pour lutter contre le crime. C'est-à-dire qu'on étudie le phénomène à la source pour l'éradiquer. Les sources du crime sont standard. On peut citer le chômage, le divorce, l'irresponsabilité des parents, la toxicomanie,.... Notre plan d'action est de travailler avec plusieurs partenaires. Actuellement, le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales se penche sur l'étude de la criminalité avec la collaboration de la gendarmerie nationale et de la police. Nos plans d'actions déployés sur le terrain concernent le Plan bleu pour sécuriser les estivants, un dispositif spécial Ramadhan en plus des opérations coup-de-poing.
Comment expliquez-vous l'utilisation d'épées et de sabres par les gangs. Comment sont-ils importés '
S'ils sont importés c'est d'une manière frauduleuse. Je suis sûr qu'ils sont fabriqués sur place. D'ailleurs, la plupart des saisies démontrent que ces armes sont de fabrication artisanale. Les services de police ont déjà localisé un atelier clandestin aux Eucalyptus, en mai dernier, qui alimentait ces gangs en sabres et en couteaux à double tranchant comme ceux utilisés dans les guerres du Moyen-âge.
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